La biodiversité dans le Nord-Pas-de-Calais – Une faune et une flore à protéger

21 fév

Article provenant du magazine « Le baromètre de la nature 2013, spécial Nord-Pas-de-Calais – Une biodiversité à protéger »

écrit par Etienne Hurault et de Catherine Perrin, sous la direction de Catherine Perrin et des illustrations de Philippe Mouche.

Soyons francs : question biodiversité le Nord-Pas-de-Calais (NPdC) est loin d’être parmi les régions les plus riches de notre pays. On y recense seulement 25% des espèces de mammifères de France métropolitaine et 21% des espèces de reptiles, contre 85% pour les mammifères et 70% dezs reptiles en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« Néanmoins, on trouve des espèces rares, comme le liparis de Loesel, une orchidée en régression partout en Europe, dont la deuxième plus importante population française se trouve ici, et le cap Blanc-Nez abrite la plus grosse colonie française de mouettes tridactyles« , souligne Alain Ward, vice-président du GON (1). « Deux des trois stations françaises de grenouilles des champs, en danger critique d’extinction, se trouvent dans la région« , renchérit José Godin, président du GON. On pourrait citer aussi le murin des marais, une chauve-souris rencensée dans la région. Ce groupe de mammifères est bien étudié par la CMNF (2) qui suit les espèces cavernicoles en hibernation. Globalement, on observe une légère hausse des effectifs, plutôt encourageante.

Cependant, les spécialistes constatent que si certaines espèces se portent assez bien, comme le grand rhinolophe, d’autres régressent, tel le murin des marais. Les acteurs régionaux de la protection de la nature portent donc une lourde responsabilité quant à l’avenir de plusieurs espèces animales et végétales. Pour certaines, il est déjà trop tard. En témoignent les listes rouges : 114 espèces de plantes ont disparu au niveau régional depuis un siècle. Et la faune est également touchée. « Le grand sylvain, papillon autrefois abondant dans les forêts de l’Avesnois, a disparu suite notamment à la raréfaction du peuplier tremblen, sur lequel les chenilles se développent, en raison d’une gestion forestière privilégiant des essences plus rentables« , explique Robin Quévilllardn, chargé de mission faune au GON. Mais la première cause de perte de biodiversité reste l’artificialisation du territoire : lotissements, routes, parkings sont construits en lieu et place d’habitats naturels. Si ce phénomène frappe l’ensemble de l’Hexagone, il est particulièrement prononcé en NPdC.

Autre facteur de régression pour la flore et la faune autochtone : les espèces introduites devenues envahissantes, telle le rat musqué et la jussie. « Elles entrent en compétition avec les espèces locales, modifient les habitats et induisent des déséquilibres dans les écosystèmes« , argumente José Godin. « Les mesures préventives pour éviter de nouvelles introductions et l’expansion d’espèces envahissantes sont un enjeu majeur car ne rien faire coûte très cher, voire rend impossible l’éradication« , enchaîne Jean-Michel Malé, de la DREAL (3).

Faune et flore du NPdC
Album : Faune et flore du NPdC
Quelques plantes et animaux que nous trouvons dans notre région
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Première région de France à être traversée par les oiseaux migrateurs arrivant du nord, le NPdC joue un rôle important pour leur hivernage. Sur le littoral, on recense 2% des effectifs nationaux de limicoles (bécassines, courlis,…), et sur les zones humides, à l’intérieur des terres, 5% des effectifs de canards, foulques et hérons. Des refuges précieux quand ces animaux ne sont pas dérangés par la chasse et autres activités de loisir. Protéger ces espaces est donc important, or seuls 12,5% du territoire des communes littorales sont préservés (trois fois moins que la moyenne nationale), même si le Conservatoire du littoral, soutenu par la région, mène une politique d’acquisition foncière. En particulier, les espacesoù la protection de la biodiversité est la plus forte, telles les réserves naturelles, ne représentent que 2,8% du littoral.

Les phoques sont de retour près des côtes, où leurs effrectifs ont augmenté ces dernières années, peut-être du fait d’une bonne ressource alimentaire. Parralèllement, lez échouages de ces animaux augmentent aussi. Le phénomène est encore plus marqué pour un autre mammifère marin : le marsouin. Le Réseau national des échouages révèle un fort pic en 2012 qui pourrait être dépassé en 2013. « Cela peut s’expliquer par une augmentation de la population à un moment de l’année et, s’il y a plus d’animaux en mer, il y automatiquement plus de morts« , analyse Thibaut Bouveroux, chargé de mission scientifique à l’OCEAMM (4). « Les autopsies révèlent, dans 40% des cas d’échouages, des infections. la pollution de l’eau par les PCB (Polychlorurebiphényle) et les métaux lourds peut, de plus, affaiblit les systèmes immunitaires« , poursuit-il. « Mais, dans 40% d’autres cas, les marsouins, qui présentent un bon état sanitaire, sont morts victimes de captures accidentelles dans les filets de pêche.« 

(1) Groupe ornithologique et naturaliste NPdC.

(2) Coordination mammalogique du Nord de la France.

(3) Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.

(4) Observatoire pour la conversation et l’étude des animaux et milieux marins.

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