La préservation du pratimoine naturel dans le Nord-Pas-de-Calais – La dynamique est en marche

25 fév

Article provenant du magazine « Le baromètre de la nature 2013, spécial Nord-Pas-de-Calais – Une biodiversité à protéger »

écrit par Etienne Hurault et de Catherine Perrin, sous la direction de Catherine Perrin et des illustrations de Philippe Mouche.

En france, 1,28% du territoire est protégé de façon forte – via surtout les parcs nationaux et les réserves naturelles -, contre 0,41% dans la région NPdC. Milieux littoraux, coteaux calcaires, prairies humides, il y a pourtant à faire. Peut-on rattraper le coup ? En tout cas, c’est l’ambition affichée par les acteurs régionaux. « Avec 26 réserves naturelles régionales, nous sommes en tête au niveau national, et le conseil régional compte en créer dix, voire vingt, dans les quinze années à venir » expose Vincent Santune, directeur du CEN (1). Dans un contexte régional où la pression des activités humaines est forte, divers acteurs se mobilisent de longue date pour protéger les espaces naturels : première acquisition par le Conservatoire du littoral en France, premier parc régional créé (Scarpe-Escaut), politique ambitieuse des départements sur les espaces naturels sensibles…

Des territoires peu protégés :

Proportions du territoire terrestre sous protection réglementaire 

NPdC : 0,41%       France : 1,28%

Surface, pourcentage par rapport à la surface totale de la région et le nombre d’espaces avec protection réglementaire

Arrêté préfectoral de protection de biotope : 23,14 km² – 0,19% – 9

Réserve naturelle nationale : 10,76 km² – 0,09% – 5

Réserve naturelle régionale : 8,41 km² – 0,07% – 26

Réserve biologique (intégrale et dirigée) : 7,13 km² – 0,06% – 13

Proportions du territoire terrestre préservé sans mesures réglementaires

NPdC : 27,6%       France : 25%

Surface, pourcentage par rapport à la surface totale de la région et le nombre d’espaces avec protection réglementaire

Parc naturel régional : 2982 km² – 24,02% – 3

Parc marin : 2343 km² –  - 1

Sites Natura 2000 : 341 – 2,74% – 42 (en mer 4302)

Espaces naturels sensibles : 86 – 0,7% - 

Sites du Conservatoire du littoral : 41 – 12 -

Sites du Conservatoire d’espaces naturels : 16 – 0,13% -

Créé en 1994, le conservatoired’espaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais acquiert des terrains pour les soustraire à l’artificialisation du territoire et mettre en place un modèle agricole plus extensif dans une région très agricole mais pas branchée sur l’agriculture bio. « Le conservatoire travaille avec une quarantaine d’agriculteurs. Ensemble, nous essayons de coupler plusieurs objectifs : restauration des milieux, soutien à l’agriculture, sauvergarde de races locales, tel le mouton boulonnais« , détaille Vincent Santune. Cependant, on garde en mémoire les difficultés à mettre en place le réseau Natura 2000. « Dans les marais audomarois, classé réserve de biosphère par l’Unesco, une faible part de l’espace est classée en zone Natura 2000, c’est bien dommage ! », regrette Alain Ward, vice-président du GON (2).

La région a aussi mis en place, il y a quelques années, un schéma régional de trame verte et bleue qui a pour objectif de relier les espaces naturels entre eux. « Mais sur le terrain, on sent encore des résistances. Faire prendre en compte cette trame reste un engagement de tous les jours« , insiste Vincent Santune. Le schéma régional de cohérence écologique – Trame verte et bleue, issu des lois Grenelle, prochainement adopé par l’Etat et la région, devrait conforter cette démarche. Autre outil pour protéger la biodiversité : les plans nationaux d’actions. Jadis, la pie-grièche grise fréquentait les grandes prairies humides entrecoupées de haies, typiques du bocage de l’Avesnois. Aujourd’hui, elle en a disparu. « Ses proies se sont raréfiées, victimes notamment des traitements antiparasitaires et du retournement des prairies, et elle n’arrive plus à nicher dans les haies taillées trop bas« , explique Robin Quevillart, chargé d’étude faune au GON. « L’un des buts du plan national d’action, décliné régionalement, est d’essayer de restaurer l’habitat de cette espèce pour qu’elle puisse se réinstaller ici.« 

La région pousse les habitants à s’impliquer dans la protection de la nature via des programmes de sciences participatives. « L’enquête sur l’écureuil roux a suscité un réel engouement« , souligne Claire Blet-Charaudeau, animatrice vigie-nature au CEN. « Il y a eu aussi une forte participation à l’observatoire des papillons de jardins les premières années, puis cela s’est un peu essouflé. Il faut continuer à animer ces programmes pour avoir des données pérennes. » Et aussi pour continuer à sensibiliser le grand public à la protection du patrimoine naturel, car il n’est pas toujours conscient des enjeux qui lui sont liés. « Ici, on perçoit une sorte de résignation quant aux problèmes environnementaux, liée sans doute à un lourd passé d’industries polluantes », regrette Alain Ward. Dans une région où le taux de chômage est élevé et où des projets d’aménagement (touristique, d’habitat ou industriel) se heurtent à de forts enjeux écologiques, surtout sur le littoral, le défi est de mettre en oeuvre un développement économique s’inscrivant dans les politiques de développement durable, conciliable avec la protection de la nature. Cependant, il y a ici une réelle dynamique, grâce notamment à un réseau d’associations naturalistes. L’ensemble des acteurs régionaux est assez investi dans la préservation de la nature voire précurseur. Le NPdC est ainsi l’une des premières régions à avoir créé un observatoire régional de la biodiversité, et Grande-Synthe et Lille ont été successivement capitales françaises de la biodiversité. Si des financements publics ont sontenu ces politiques durant les dernières années, une incertitude pèse sur l’avenir. « Le conseil régional s’implique, mais sans disposer de ressources dédiées telles que la taxe pour les espaces naturels sensibles dans les départements », souligne Vincent Santune. A cela s’ajoute une inquiétude quant à la pérénnité des autres fonds publics, notamment ceux provenant de l’Europe.

(1) Conservatoire d’espaces naturels du NPdC

(2) Groupe ornithologique et naturaliste NPdC

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