Portrait du mois : Jadav Payeng

10 déc

Un nouveau topic pour la fin de l’année : le portrait du mois. Dans le dernier article sur le livre d’Al Gore, Choisir, maintenant, je me « plaignais » que l’auteur ne citait pas assez le nom de personnes qui, par des moyens simples et parfois dérisoires, oeuvrent à la préservation de la planète.

Je voudrais parler d’un homme exceptionnel car il n’a eu besoin de personne pour réaliser son objectif, mis à part sa famille : Jadav Payeng.

Jadav Payeng

Jadav Payeng

Cet homme habite l’île de Majuli, dans la partie orientale de l’Inde, sur les rives du Brahmapoutre, l’un des plus grands fleuves asiatiques. La particularité de cette île est sa grande superficie, un banc de sable qui est une des îles fluviales les plus importantes du monde, du moins en Asie. Elle subit, comme tous les ans, la mousson qui entraîne des inondations, détruisant les cabanes des pêcheurs et de nombreuses habitations, avec un déplacement important de population à la clef. Malheureusement, pour éviter ce genre de crues destructices, le gouvernement a érigé en amont des digues mais qui a occasionné par la suite une diminution de l’apport d’alluvions pour les îles en aval dont Majuli. Résultat, la superficie a diminué drastiquement, l’érosion faisant son oeuvre.

Carte

Jadav Payeng, à la suite d’une inondation en 1979, était au coeur d’un évènement qui va bouleverser sa vie à jamais : des serpents étaient venus se réfugier, assoiffés et recherchant de l’ombre. Mais il n’y avait plus d’arbres pour les protéger, détruits par les hommes, devenus très nombreux sur cette île (150000 habitants). Jadav a assisté à cette catastrophe, pleurant sur leur sort, et a contacté le ministère des Forêts pour régler ce problème. Ces derniers lui ont répondu qu’ils ne pouvaient rien faire, qu’il n’a qu’à planter du bambou lui-même.

Portrait 1

Et c’est ce qu’il a fait ! Depuis lors, il plante tous les jours une pousse qui deviendra un point d’ancrage de l’île et une continuation de la forêt. En plus de renforcer l’île, la forêt est devenue une halte d’une route migratoire d’éléphants, dont le troupeau comprend plus de 100 individus (Payeng explique que cela a été dur au début avec les fermiers de l’île car les éléphants piétinaient leurs cultures, mais au final, ils le soutiennent), des tigres du Bengale et même une espèce de vautours qui n’avait pas été vue depuis plus de 40 ans. Tout çà grâce à la volonté d’un seul homme, une forêt de plus de 550 hectares (!) couvre l’île, la forêt de Molaï.

Portrait 3

Depuis, Jadav est soutenu par les politiciens locaux, les fermiers et la population en général. Il a fait çà sans rien demander en retour, avec de l’abnégation que de nombreuses personnes devraient suivre, un courage exemplaire que peu de médias suivent. Un documentaire réalisé par William Douglas McMaster a permis de faire connaître au grand jour, en Occident, où nous sommes centrés sur nous-mêmes contrairement à ce que l’on dit, cette personne qui est un acteur primordial à la lutte contre le dérèglement climatique et qui montre que l’oeuvre d’un seul être peut entraîner de grandes choses. Il faut être courageux, obstiné et inintéressé, si vous cherchez quelque chose en retour, vous vous planterez quasi certainement.

Portrait 4

Si vous voulez en savoir plus, je vous mets les deux vidéos qui parlent de l’action de Jadav Prayeng, le reportage de McMaster et un reportage indien dans la même verve que la première vidéo. Les deux sont en anglais, mais la seconde a des sous-titres en anglais qui peuvent vous aider à comprendre. Appréciez cet homme qui a les pieds sur Terre et dont il faut se souvenir d’une de ses descriptions de l’Homme qu’il cite dans une des vidéos : « Nous sommes tous des animaux, l’Homme n’est différent seulement parce qu’il porte des vêtements. »

Reportage de William Douglas McMaster – Forestman :

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Reportage Forestman in India :

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