Le problème du plastique : une solution enfin viable ?

1 fév

  Bonjour à tous.

Après un mois de janvier très occupé mais très intéressant d’un point de vue professionnel, je peux enfin me remettre à écrire des articles sur ce que j’aime le plus : parler de l’environnement. Et je voudrais vous parler d’une innovation, qui me semble prometteuse et que j’ai vu sur deux sites différents : MrMondialisation (1) et Lumières de la ville (2), pour régler un fléau qui touche, en particulier, les pays émergents et les pays pauvres : les sacs plastiques.

Vous savez, ces petits sachets plastiques que nous trouvons pratiques lors des achats mais dont on ne sait pas quoi en faire après ? Dans notre société, nous n’y répondons pas de la manière la plus optimale : l’incinération ou l’enfouissement. Il faut avouer que ce n’est pas top ! Heureusement, au moins de juin 2014 – le 26 au soir précisément, un amendement prévoît d’interdire la vente de sachets plastiques à usage unique pour les courses à partir du 1er janvier 2016 (3).

Une excellente nouvelle en somme qu’il faut soutenir. Il faut aller plus loin, en interdisant les sacs recrouvant les boîtes pour fruits et légumes et autres denrées périssables, les sacs oxofragmentables et les biodégradables – ces deux derniers ne sont pas, contrairement  à ce que les industriels du secteur nous disent, respectueux dans l’environnement – doivent être interdits également. Il est nécessaire de prolonger la baisse de l’utilisation des sachets à usage unique, nous sommes passés de 10.5 milliards en 2002 à 700 millions en 2011 (4). Mais il reste des milliards de sachets inutiles qui, pour une partie, se retrouvent dans nos villes, compagnes et plages. Les nettoyages, sans cette interdiction, seront encore de mise aux frais du contribuables et à la volonté des volontaires des opérations « Rendons notre plage plus propre ! ».

sacplastique

 

Toutefois, la situation est pire dans les pays pauvres ou émergents. Le système de récupération et de recyclage des déchets est quasiment inexistant, ceux-ci polluent l’environnement des habitants, servent de nourriture à des animaux qui les confondent à des proies (exemple : la tortue de mer qui confond méduse et sac plastique). Les habitants les plus démunis de ces pays tentent de faire la récupération pour gagner quelques sous pour vivre mais rejettent systématiquement les plastiques et les emballages en aluminium fin car ils ne valent rien. Ils deviennent ainsi le symbole d’une société qui ne se soucie guère de son environnement et pollue à outrance, en privilégiant le profit pécunier à l’écologique.

Une jeune diplômée en Design et Innovation du Danemark, Lise Fuglsang Vestergaard, a eu l’idée de revaloriser les plastiques fins pour en faire… des briques de construction ! Cette idée semble farfelue mais elle répond à deux questions : Que faire de ces déchets plastiques et comment répondre au problème de logement des plus démunis ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Lise Fuglsang Vestergaard (via son site)

Comme je l’expliquais plus tôt dans l’article, les déchets plastiques ont tellement envahi l’environnement qu’ils sont devenu le symbole de l’impact polluant de l’Homme. Lise avait décidé de partir 3 mois en Inde, à Joygopalpur, où elle a pu développer un système de collecte de déchets pour les personnes les plus démunies. Ceci répond en partie à la permière question. Mais les plastiques ne seront pas interdit en Inde avant longtemps, donc comment peut-on réduire la quantité de déchets plastiques dans l’environnement pour le moment ?

Les habitants les plus pauvres se retrouvent, après les deux moussons, délogés car ils ont vu leurs habitations en argile emportées par les eaux. Le développement des briques en plastique est une solution à cette problématique, car ces briques facilement fabriquées peuvent supporter des pressions équivalentes à plus de 6 tonnes, garantissant des constructions solides. Lise a même utilisé des plastiques couverts d’aluminium, qui sont encore plus difficiles à valoriser, et qui ne change en rien à la solidité de ces produits. Avec un circuit court, cette « découverte » permet de répondre à des problématiques locales sans utiliser des ressources plus lointaines, respectant ainsi une stratégie proche du concept d’économie circulaire ou de l’engagement Zero Waste que nous connaissons déjà.

Ces solutions semblent bénéfiques à tout point de vue mais il faudra régler le souci de l’alimentation électrique du four, appareil nécessaire pour « cuire » les briques. Le réseau électrique étant quasiment absent, Mademoiselle Vestergaard semble pencher pour un four solaire, restant ainsi dans la stratégie écologique et du « peu contraignant », dans une logique environnemental.

klodser-300x168

Briques fabriquées à partir des déchets plastiques récoltés en Inde (crédit : site de Lise Fuglsang Vestergaard)

En cherchant un peu plus loin, pour voir si d’autres projets de ce type avaient vu ou verront le jour, j’ai remarqué que ce n’était pas la première fois que du plastique était valorisé pour devenir un matériau de construction. A Madagascar, l’association Madacompost recycle les sacs plastiques, omniprésents dans les villes, pour en faire des pavés autobloquants (« autoblocants » se dit aussi) utilisés à Mahajanga (5). A Taïwan, la société Miniwiz utilise des bouteilles en PET (Polytéréphtalate d’éthylène – Poly ethylen terephtalate, qui a l’avantage de ne pas émettre de dioxine lorsqu’il est porté à haute température) pour en faire des éléments de construction hexagonaux – les « Polli-bricks » – totalement étanches (6) ; ces briques peuvent former un ensemble pouvant résister à des vents jusqu’à 130 km/h et la construction est si légère (72 kg/m²) qu’il est possible d’obtenir un toit gigantesque couvrant plus de 2000 personnes.

Pour finir, j’en reviens au projet de Lise.  Vous pouvez soutenir son projet via l’association avec laquelle elle a un partenariat, Inno Aid (7). Lauréate du concours Grøn Dyst (Green Challenge) (8), concours danois qui se basent notamment sur la technologie verte et le climat, elle a investi la récompense obtenue dans ce projet, assurant ainsi la première partie. Elle espère bénéficier aussi de l’aide de l’Agence danoise pour le développement international (Danida) (9). Je vous encourage à découvrir son site, même s’il est en anglais et en danois, à l’adresse suivante :

http://lisefvestergaard.com/

Merci de m’avoir lu !

(1) https://mrmondialisation.org/des-briques-de-plastique-recycle/

(2) http://www.lumieresdelaville.net/2015/01/19/recycler-les-sacs-plastiques-usages-pour-construire-des-habitations/

(3) http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20140626.OBS1913/vers-une-interdiction-des-sacs-plastiques-en-2016.html

(4) Ibidem

(5) http://www.etcterra.org/fr/prjets/africompost/africompost_mahajanga

(6) http://taiwanauj.nat.gov.tw/ct.asp?xItem=132478&CtNode=1626

(7) http://www.innoaid.org/

(8) http://www.groendyst.dtu.dk/english

(9) http://um.dk/da/danida/

3 Réponses à “Le problème du plastique : une solution enfin viable ?”

  1. Eliot James 9 novembre 2017 à 18 h 23 min #

    bonjour,
    valoriser le plastique et autres dérivés n’est pas nouveau mais répond en partie aux problèmes sans résoudre la cause principal, le rejet dans la nature.une des solutions serait de valoriser le plastique au départ. Je m’expliques, imaginons que le plastique ait une valeur et qu’au lieu de le jeter bêtement dans la nature chaque individu touche une somme d’argent ou des bons d’achats pour le r’apporter dans des lieux de collectes le précieux plastique, comme l’acier ou le cuivre par exemple !
    Pour se faire il faut créer une fondation rémunéré par des bienfaiteurs concernés, comme Total ou autres pollueurs professionnels et en suite redistribuer les fonds ainsi récoltés a l’ensemble de la population qui y verra un intérêt a ramasser et remettre dans des cites de collecte le satané plastique.
    Voila !!!

    • Jean-Baptiste 9 novembre 2017 à 21 h 35 min #

      Bonjour Eliot,

      Le plastique est tellement présent que la valeur, dans notre société, semble nulle alors qu’elle en a une. Peut-être avec la hausse du pétrole, les objets en plastique seront assez chers pour que nous comprenions l’intérêt de les recycler/valoriser.

      Pour la « récompense » pour la population, c’est à étudier. Baisse d’impôt ? Aide financière ? Bons d’achat ? Chacun a ses qualités et ses défauts. Ou aider des personnes dans le besoin.

      • Eliot James 10 novembre 2017 à 15 h 13 min #

        Bonjour Jean-Batiste,

        aujourd’hui il y a urgence, nous ne pouvons plus attendre et se poser des questions, il n’y a qu’une solution : le pognon ! rester les bras ballants comme nos politiques qui dénoncent la laideur de nos plages, montagnes, mers,forets, déserts recouverts de déchets plastiques sans apporter de solutions durables, me gonfle au plus au point ! Alors oui ! récompenser les actes de citoyennetés par l’une des trois mesures que vous citez est une solution ! créer une fondation récoltant des fonds venants des industriels pollueurs, est la meilleur ! Créer un impôts pollueurs/payeurs est inutile, car encore une fois, vous et moi nous ne vairons pas la couleur des fonds ainsi récoltés qui iront uniquement rembourser les dettes de l’état mais surement pas nettoyer nos plages. Agissons !!!

Laisser une réponse

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus