Portrait du mois : Gro Harlem Brundtland

14 mar

Bonjour à tous !

Tout d’abord, ayant oublié de faire le portrait du mois pour février, vous aurez ce mois-ci deux portraits au lieu d’un. Et le premier sera dédié à une ancienne première ministre qui a eu un impact considérable sur la création d’une notion que nous connaissons tous aujourd’hui, enseignée dans les programmes scolaires : le développement durable. J’ai nommé Gro Harlem Brundtland.

Je ne vais pas entrer dans les détails de sa jeunesse ou de son entrée au sein de la politique norvégienne. Wikipédia, Encyclopedia Universalis et d’autres sites s’en occupent déjà, je n’ai pas besoin de le refaire. J’ai plutôt envie de parler du rapport qu’elle émit par l’intermédiaire de la commission, qui portent tous les deux son nom.

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Gro Harlem Brundtland en 2009 (Crédit Photo Wikipédia)

Il faut s’imaginer le contexte de l’époque. La crise pétrolière de 1973 a entraîné un éveil des consciences sur les limites de notre société de consommation et surtout de la limite de nos ressources, cette idée que nous vivons sur une planète et donc un objet limité (aussi bien au point de physique que mathématique) ne pouvant être indéfiniment exploité. De plus, le club de Rome, en 1972, avec le rapport The limits to growth (Les limites à la croissance, plus connu en français sous le titre « Halte à la croissance ? »), avait déjà posé les bases d’une réflexion sur les risques en 2100 d’une baisse de la population à cause de la pollution, de la disparition des ressources naturelles et de l’appauvrissement des sols, entraînant famines et guerres. Malgré ces alertes, la notion d’environnement n’est que peu traitée dans la sphère économico-politique mais des évènements locaux au retentissement international, comme des accidents industriels (Seveso) ou des naufrages aux dégâts environnementaux considérables (Amoco Cadiz), vont changer la donne (1). L’opinion public, bouleversé par ces catastrophes prend conscient peu à peu des enjeux écologiques et cela va obliger le pouvoir politique à étudier la question de la relation entre l’environnement (mondial et national) et le développement économique et proposer ainsi des solutions.

L’Organisation des Nations-Unies ne reste pas insensible au sujet, surtout après l’échec cuisant du premier Sommet de la Terre (même s’il n’en portait pas le nom), celui de Stockholm en 1972 (5 au 16 juin) où aucun compromis ne fut décidé pour mettre fin aux atteintes environnementales. En 1983, l’ONU demanda à la commission mondiale sur l’environnement et le développement – World Commission on Environment and Development (WCED) (2), présidée par Mme Harlem Brundtland, de :

  • proposer de nouvelles stratégies environnementales sur le long terme pour assurer un développement durable (le mot est posé) pour l’an 2000 et au-delà ;
  • trouver des méthodes pour améliorer la coopération entre pays, notamment avec les pays du Sud ;
  • optimiser les moyens de prévention et de lutte contre les problèmes environnementaux (3).
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Gro Harlem Brundtland, accompagnée de la commision sur l’environnement et le développement (Crédit Photo Radio Canada)

Après de nombreux audits (associations protectrices de l’environnement, industries, mouvements politiques, gouvernements, populations et économistes) et plus de 75 études commandées, en 1987, la commission Brundtland produit alors le fameux rapport, que tout le monde connaît (j’exagère, je l’avoue), « Our Common Future » ou « Notre avenir à tous ».

Mais que dit ce rapport ?

Il définit les bases du développement durable ou, plutôt, développement soutenable, comme le voulait imposer le rapport. Ce sont des idées proposées aux gouvernements pour mettre en place une politique économique respectueuse de l’environnement, afin d’avoir un développement assuré sur le long terme.

De plus, le rapport pointe du doigt deux choses :

  • la grande pauvreté dans les pays du Sud génère une consommation accrue de ressources primaires comme le bois ou la houille de bois, qui entraîne une déforestation et une désertification accrues ;
  • le Nord, où la consommation est reine, produit trop d’objets non renouvelables, polluant ainsi atmosphère, terre et mer, au nom d’une société opulente et boulimique en nouveauté.

Ces deux points étaient, et le sont encore, les facteurs donnant naissance aux principaux problèmes environnementaux qui touchaient la planète. Nous en connaissons beaucoup : la désertification du Sahel et les famines qui en découlent, tempêtes et cyclones de plus en plus fréquents, températures de plus en plus hautes…

Le développement durable, terme maintenant entré dans la vie de tous les jours (informations, poubelles, appareils à donner aux déchetteries et aux magasins), est ainsi défini, via ce rapport, comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins« . Passé inaperçu, comme le montre l’archive de Radio-Canada disponible juste après, le rapport Brundtland et l’idée du « sustainable development » ont été sujets, deux ans plus tard, à discussion lors d’un débat à l’assemblée générale des Nations Unies, qui décida d’organiser en 1992 une conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, plus connu sous le nom de Sommet de Rio (3 au 14 juin 1992).

http://archives.radio-canada.ca/sports/protection_environnement/clips/14612/

A la conclusion de ce sommet, une convention naîtra et la définition du développement durable sera également changé. Le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l’environnement seront les « trois piliers » du développement durable, le premier terme généralisant l’idée d’une consommation raisonnée des ressources naturelles non renouvelables (même les renouvelables devraient l’être).

Gro Harlem Brundtland gagnera ainsi sa renommée, du fait de l’exposition médiatique important  de ce sommet. Une des personnalités norvégiennes les plus connues mondialement, elle fut également directrice de l’Organisme Mondial de la Santé (OMS) de 1997 à 2003, envoyée spéciale de l’ONU sur le changement climatique et a intégré le groupe pour les crises, les défis et le changement (5).

Si vous êtes intéressé(e)(s) par la lecture du rapport, je vous joins ci-après le document : fichier pdf rapport_brundtland

Dans le cas où le document n’apparaîtrait pas, voici le lien pour avoir le document en français : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/sites/odyssee-developpement-durable/files/5/rapport_brundtland.pdf

Merci de m’avoir lu !

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable#Historique

(2) http://www.are.admin.ch/themen/nachhaltig/00266/00540/00542/index.html?lang=fr

(3) http://www.vedura.fr/developpement-durable/cadre/rapport-brundtland

(4) http://www.are.admin.ch/themen/nachhaltig/00266/00540/00542/index.html?lang=fr

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gro_Harlem_Brundtland

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