Le plastique en Europe, son devenir et une innovation provenant de la mer

23 mar

Bonjour à tous !

Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière fois non plus, je vais parler du plastique. Matériau abondamment utilisé de par le monde, il est également le symbole de la pollution dûe à notre société de consommation. Il est donc normal que j’en parle assez souvent.

Je suis tombé sur un article d’environnement-online.com où nous pouvons voir que le chemin vers une économie à zéro déchet plastique est encore très long (1). Avec une production supérieure à 30 millions de tonnes, la demande est de plus en plus importante et la production suit de façon naturelle, faisant passer l’objectif de fin de la mise en décharge du plastique de 2020 à 2037, selon Plastics Europe. De plus, avec une politique de traitement de ces déchets (enfouissement/stockage, incinération ou valorisation énergétique – terme plus conventionnel, recyclage) qui diffère selon les pays, nous ne sommes pas au bout de cette résolution du problème. En 2012, seulement 26% des déchets plastiques ont été recyclés, contre 38% enfouis et 36% d’incinérés. Mais quid de la France ? Elle se trouve au 11e rang en ce qui concerne la répartition du mode de traitement, baissant même de deux rangs par rapport en 2009, et loin derrière les 9 pays en tête du classement : Suisse (avec moins de 0,2% de plastiques enfouis), Allemagne, Autriche, Luxembourg, Belgique, Danemark, Suède, Pays-Bas, Norvège (meilleur taux de recyclage à 36,9% du total). Selon natura-sciences.com, la France recycle 1/5e de ces déchets et en enfouit environ 38% (2).

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Image de notre société (Crédit Photo Natura Sciences)

 

La conférence de Paris sur le climat, qui va se dérouler à la fin de l’année, pourrait être un catalyseur pour le développement de moyens alternatifs au pétrole comme sources de production du plastique mais également des moyens pour le devenir de ceux-ci. Pour l’instant, notre pays fait peu ou pas d’efforts dans ce sens en matière de valorisation et de création de nouveaux plastiques, qui respecteraient l’environnement et répondraient aux exigences en termes de normes de protection de la Nature. Car il ne faut pas oublier que résoudre un problème, il s’agit certes de voir les composantes en aval, les devenants, mais également les sources du problème, qui peuvent être parfois plus faciles à traiter. Mais je vois que nous voulons traiter les difficultés en premier, entraînant ainsi une non-résolution du problème et un statu-quo dans la pollution. Nous devrions ainsi développer le recyclage des emballages, des plastiques dits fins ET les entreprises qui innovent dans les filières aussi bien dans les plastiques que dans d’autres matériaux plus respectueux de l’environnement.

J’aurais bien aimé proposé d’utiliser tout le lait en surplus que produit l’Union Européenne, par son agriculture intensive, avec du vinaigre pour former un des premiers plastiques connus, le plastique avec la caséine, la protéine du lait. Remplacé par la bakélite puis le PVC, elle pourrait néanmoins répondre à des demandes très locales et très précises comme des porte-manteaux (je parle de çà car ce fut la première chose que j’ai fabriquée à partir de la caséine précipitée et séchée) ou d’autres petits objets du quotidien. Je vous joins une petite vidéo pour créer votre plastique, en prenant le lait du petit et je plaisante bien sûr (mais pas pour l’expérience).

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Sinon, si vous voulez plus d’explications, je vous encourage à aller sur ce lien pour Sciences et Avenir :

http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20110215.OBS8081/l-apprenti-chimiste-faire-du-plastique-avec-du-lait.html

Je remarque qu’en cherchant la vidéo de l’expérience, mon idée n’est pas si mauvaise puisqu’un chercheur suisse, du nom de Frédéric Prochazka, a utilisé le plastique de caséine pour fabriquer des bouteilles… de lait. Il en est même interviewé par la RTS. Cà sert de relire ses premiers bouquins de science expérimentale.

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Mais je ne vais m’étaler sur le sujet, car il s’agit d’algues dont je vais parler. Un ingénieur breton, ancien de l’industrie du plastique « pétrolier », Rémy Lucas, a créé un matériau biodégradable de type plastique, composé à 100% d’algues brunes : l’Algopack. Encore une idée saugrenue, me direz-vous ? Je vais vous répondre : NON ! Tout simplement puisque ce matériau est déjà utilisé par des industriels de la fabrication du plastique et notamment Europlastique, un des leaders en la matière. Et de nombreuses applications ont déjà vues le jour : seau de plage, vérines ou encore pots de fleurs (3). En ce qui concerne cette dernière application, l’intérêt est double : on peut enterrer le pot, ce qui n’est pas vraiment possible avec un pot de plastique « normal », et celui-ci se désagrège gtrès rapidement – de l’ordre de quelques jours, dans des conditions particulières – en éléments nourrissants pour la plante, une sorte d’engrais. Pour moi, il s’agit d’un juste retour des choses – l’algue étant un produit très utilisé jusqu’à la fin du XIXe siècle, qui fut relégué voire annihilé industriellement par les produits synthétiques, les algues brunes et vertes furent des engrais naturels, appelés goémon blanc ou noir, et qui servirent à la fertilisation des sols agricoles au même titre que le homard, qui était tellement abondant près de nos côtes à ce moment-là.

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Revenons à notre entrepreneur, il utilise en particulier les algues brunes, qui étaient plus connues pour leurs vertus diététiques, alimentaires (dans vos glaces par exemple) ou thalassothérapeutiques. Mais elle contiennent en plus de l’eau, des molécules très intéressantes (4) :

  • pigment : fucoxanthose, visible dans la médecine préventive, au Japon surtout ;
  • chlorophylle c : collecteur de lumière ;
  • polymères : fucanes sulfatés et alginates.

Ces deux dernières molécules sont les clefs de la réalisation du plastique biodégradable, dont on peut faire varier la durée de la dégradation. Je ne suis pas à même d’expliquer le procédé de production, qui est secret, ce qui tout à fait normal. Néanmoins, sans connaître les facteurs de process, comme la température, le pH ou autre caractéristique chimique, nous pouvons avancer que ce sont les fucanes qui vont être les réactifs. Pourquoi ? Le fucose est un ose (sucre pour être plus simple) qui sert à terminer ou à attacher les autres oses dans les polyosides (polysaccharides), autrement dit cellulose ou amidon qui sont des polymères du glucose (5). Dans notre cas, ce sont des molécules de fucoses, en monomères qui serviront de motifs avec des substituants sulfatés qui se grefferont à la structure.

Est-ce çà, je ne sais pas. Peut-être en aurais-je la possiblité d’en discuter avec lui, lorsque je commencerai à faire mes interviews.

Merci de m’avoir lu !

(1) http://www.environnement-online.com/presse/environnement/actualites/5129/europe/zero-plastique-en-decharge-en-2037

(2) http://www.natura-sciences.com/environnement/recyclage-plastique619.html

(3) http://www.soonsoonsoon.com/bp10228

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Phaeophyceae

(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Fucose

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