Les forêts, poumons et « ventilateur » de la Terre

19 avr

Bonjour à tous !

Nous sommes conscients de l’importance des forêts dans notre écosystème, comme l’indique le terme de « poumons verts » que nous avons l’habitude de leur donner. Mais elles ont aussi une influence sur le climat, ce que l’on soupçonnait mais dont des chercheurs américains ont pu simuler les effets.

Une hypothèse, développée par des chercheurs de Princeton (Etats-Unis), indique que la réduction de la superficie de la forêt amazonienne entraînerait un sécheresse à 8000 km de là, en Californie. Avec un modèle climatique informatique simulant les phénomènes météorologiques mondiaux et les impacts environnementaux de l’Homme, l’équipe américaine a établi que la déforestation en Amazonie fait baisser la pluviométrie dans le sud des Etats-Unis et notamment la Californie, sujette à la pire sécheresse de son histoire. Plus de neige dans la Sierra Nevada, donc plus de pluie dans les états voisins et plus assez d’eau pour alimenter les cours d’eau comme le fameux Colorado, qui est également soumise à un intensive pour les mégafermes alentours et les mégalopoles telles San Francisco ou Los Angeles.

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La déforestation en Amazonie (Crédit photo Povo Indigena Paiter Surui)…

L’Homme, avec son idée de l’économie à court terme, continue de surexploiter les ressources de la planète, en particulier le bois pour se chauffer ou le revendre aux pays dits riches qui raffolent du bois exotique. Dans le cas du Brésil, l’exportation massive de bois tropicaux fait rentrer dans les caisses de l’état brésilien de confortables revenus, entretenus aussi par l’agriculture et l’élevage intensifs, dont les surfaces ne font que s’agrandir avec… la déforestation ! Ceci montre pourquoi il y a une absence de volonté de la part des autorités locales pour l’environnement, tout comme l’absence d’objectifs déclarés pour lutter contre le réchauffement climatique alors que la conférence de Paris se rapproche à grands pas. Ainsi, on continue à déboiser sans penser aux conséquences générales, quand la forêt amazonienne a perdu dans le même temps près du cinquième de sa superficie initiale. Dans le titre, le terme ventilateur est posé car il est explicite et met en lumière un autre terme beaucoup plus méconnu : l’évapotranspiration.

Qu’est-ce que l’évapotranspiration ?

Derrière ce nom commun inconnu du grand public, se cache un phénomène à l’influence mondiale. Du fait de la chaleur tropicale, l’eau pompée très profondémment par les arbres est en partie évacuée par la transpiration de ceux-ci – allant jusqu’à 1 tonne d’eau par jour émis. Cette eau vaporisée se retrouve ainsi dans l’atmosphère et est transportée par les courants d’air (jet streams) sur des milliers de kilomètres.

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…entraîne une diminution de la pluviométrie aux Etats-Unis (Crédit photo French China)

Malheureusement, du fait de la déforestation, l’apport d’eau qui aurait été vaporisée est très diminuée, une grande partie n’est plus transportée par les courants atmosphériques et provoquent un déficit pluviométrique dans les endroits où normalement la « vapeur’ se précipite, soit en neige dans la Sierra Nevada, soit en pluie dans la majeure partie du sud des Etats-Unis.

Ce problème environnemental montre bien l’impact d’un événement « local » – la déforestation en Amazonie – sur un endroit très éloigné – la Californie. Ce n’est pas le seul, nous pourrions citer aussi la pollution en Asie qui alimente les dépressions dans l’océan Pacifique (la suie et les particules fines qui condensent l’eau de l’atmosphère) ou encore la réduction des aérosols en Europe qui modifie le déplacement des pluies, reverdissant un peu le Sahel. Ceci indique notre influence et notre impact sur le climat, que contestent encore de nombreuses personnes, et que nous devons tout faire pour les réduire afin de minimiser les conséquences futures de nos actions. En d’autres termes : valorisation et recyclage des déchets, diminution de l’utilisation des ressources, émissions moindres et une politique osée en matière d’environnement aux niveaux mondial, national et local.

Pour plus d’informations, je vous conseille de lire l’article dédié aux effets surprenants de l’Homme sur le climat « Quel Chaos !« , écrit par Yves Sciama, dans le magazineScience & Vie du mois d’avril, pp 78-85, chapitre Science & Découvertes, Climatologie.

Merci de m’avoir lu !

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