Interview du 26 avril 2015 : Thomas Hemberger, président de l’association Nature Libre

29 avr

Bonjour à tous !

Nouvelle chronique pour faire évoluer le blog : les interviews. Certaines seront en vidéo et d’autres, comme celle-ci, en mode radio via la plate-forme Soundcloud. Soyez indulgent, ceci est ma première interview, beaucoup de choses sont à améliorer, bien entendu.

Dimanche dernier, j’ai effectué un nettoyage pour le compte de l’association Nature Libre et j’ai profité de ce moment pour interroger le président, Thomas Hemberger, sur le but de l’association, les actions et les problèmes causés par la pollution sur l’environnement.

Je vous mets directement le lien pour l’écouter : https://soundcloud.com/updedln/interview-20150426-association-nature-libre

Une retranscription, pour les personnes malentendantes, est disponible ci-après. Les phrases ont été réarrangées et certains tics de langage comme les « Euh ! », « Ok d’accord » (ma phrase fétiche lors des moments de stress), « Alors » ou « Donc » ont été majoritairement supprimées afin d’avoir une meilleure lecture de l’article.

INTERVIEW

Jean-Baptiste Marguerit : Interview du 26/04/2015, avec le président de l’association Nature Libre, [Thomas Hemberger]. Pourrais-je avoir quelques informations supplémentaires sur l’association, s’il vous plaît ?

Thomas Hemberger : Je suis président de l’association Nature Libre, groupe né en 2007. Création à la base de plusieurs copains sur Wimereux, qui en avaient marre de voir la plage souillée par les déchets, et qui s’est formée, comme çà, sans statut et on a commencé à nettoyer les plages. De fil en aiguille, on s’est pris au jeu. Du collectif, nous sommes passés en association. Les objectifs sont la prise en compte de la pollution, de ses caractéristiques et maintenant, nous sommes en plein développement.

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JBM : En ce qui concerne les nettoyages, vous en faites tous les combien de temps ?

TH : Les nettoyages sont organisés de plusieurs façons. Principalement, ce sont des journées d’actions citoyennes : un nettoyage par mois, le dimanche, suivant les horaires de marée et des coefficients de marée, les grands également. Nettoyage établi selon un planning, suivant un protocole car certaines plages ne sont pas accessibles à certaines périodes de l’année. Le planning est tiré en début d’année, diffusé sur les réseaux sociaux (https://www.facebook.com/natur.libre?ref=ts&fref=ts), via un affichage. A noter que ces nettoyages sont ouverts au public, il n’y a pas besoin d’être adhérent de l’association, l’organisation et la participation sont totalement libres. Voilà pour les nettoyages mensuels. D’autres nettoyages sont organisés spontanément par les adhérents quand on constate qu’une plage est fortement impactée par les déchets et certaines actions sont effectuées dans le cadre des sorties scolaires.

JBM : Vous faites comme l’histoire du colibri qui, selon une légende indienne, participa, malgré sa petite taille, à lutter contre un feu de forêt.

TH : Exactement. Chacun amène sa pierre à l’édifice même si le combat paraît perdu d’avance. Le sentiment d’avoir fait quelque chose, d’avoir été utile à quelque chose, nous récompense du maigre effort que nous pouvons apporter même si la situation est bien plus grave qu’elle n’y paraît.

JBM : Quels déchets retrouvez-vous le plus souvent ?

TH : Forcément : les matières plastique. 90% en plastique. Après, on ne peut pas caractériser un objet en particulier, parce que ce sont tous des objets de consommation, de la vie quotidienne. Cela va du récipient, du contenant au bouchon, en passant par la pince à linge. Il n’y a pas de déchet type. Par contre, la matière fortement représentée, c’est le plastique – 90% des déchets.

JBM : C’est le matériau de notre époque, en fait.

TH : Exactement !

JBM : D’après ce que vous dites, on remarque que ce sont beaucoup d’objets qui viennent de la terre.

TH : Exactement ! La principale caractéristique, çà, peu de monde le sait et ce que nous découvrons au fil du temps, est que 80% des déchets proviennent de l’intérieur des terres. Quand on parle « d’intérieur des terres », c’est tout ce qui peut se trouver en amont de la plage, aussi bien à 5 kilomètres avant, mais qu’on peut remonter sur les 20, 30, 40, 50 km. La majorité des déchets provient de l’intérieur des terres et se retrouvent dans la mer, par un mécanisme simple : le vent et les rivières.Et toutes les rivières se jettent dans la mer.

JBM : Quel est l’impact des matières plastique sur la faune et la flore ?

TH : C’est la grande question. En fin de compte, sur la faune, nous savons qu’elle a un impact direct puisqu’elle tue en moyenne 1 000 000 d’oiseaux par an et 100 000 mammifères marins. Principalement, soit par occlusion intestinale parce que l’ingestion de ces déchets dans l’estomac va le saturer, et donc l’estomac explose. Soit par étouffement par des plastiques. Ou encore par strangulation à cause des filets fantômes, surtout pour les mammifères marins. Donc on sait l’impact direct qu’à cette pollution sur la faune. Par contre, il y a un autre impact, dont nous ne savons pas du tout les conséquences. C’est l’impact direct sur l’humain, parce que, forcément, le plastique va rentrer dans la chaîne alimentaire. Le plastique va se fragmenter en microparticules qui vont être ingérées par les poissons que nous consommons, nous serons alors impactés mais nous n’avons aucun recul sur les causes et les conséquences sur nous.

C'est la fête, la fête. Pour la mer, pas vraiment !

C’est la fête, la fête. Pour la mer, pas vraiment !

JBM : Votre combat est, j’allais dire, honorable. On parle souvent du 7e continent, tout le monde se concentre sur ce sujet mais on oublie toujours que nos plages sont également touchées.

TH : Complètement. On va là où çà fait parler, là où çà peut être visible, là où c’est vraiment caractéristique. La plage est un endroit où tout le monde va, quasiment tous les jours (sic). A force, on ne fait même plus la différence entre un galet et un déchet. Mais bizarrement, c’est un lieu où nous pouvons plus facilement sensibiliser parce que la plage est un endroit accessible par tout le monde, pour tout le monde. Contrairement au 7e continent, au milieu de l’Atlantique, seuls les bateaux peuvent y aller. A part des caméras, il n’y a aucun moyen d’être sensibilisé par rapport à çà.

JBM : Les gens ne se sentent pas impliqués parce que c’est très loin de chez eux.

TH : Plus c’est loin, moins on est sensibilisé, moins on le prend pour soi. Alors qu’une plage, la plage que nous fréquentons, ce sont des plages que tout le monde suit donc tout le monde, forcément, va se sentir concerné. Obligatoirement.

JBM : Je vous remercie pour cette interview. Et à une prochaine.

TH : Merci.

Merci encore à Thomas Hemberger d’avoir accepté de l’avoir questionné. Il faut avouer que ce fut complétement improvisé mais cela s’est bien passé.

Merci de m’avoir lu.

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