Un livre, un commentaire : « Sans tabou – Pour que s’évanouisse la vogue climato-sceptique » de Chantal Jouanno

7 juin

Bonjour à tous !

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Sans tabou – Pour que s’évanouisse la vogue climato-sceptique, aux éditions de la Martinière

Après une longue absence (et je m’en excuse), je reviens pour un nouvel article sur un livre que je viens tout juste de terminer. Et non des moindres, puisqu’il s’agit du premier livre à caractère politique et je pense qu’il ne s’agira du dernier, car j’en ai acheté plusieurs sur le sujet de l’écologie dite politique.

D’abord, une petite présentation rapide de l’auteure de ce livre. Chantal Jouanno était secrétaire d’Etat à l’écologie, du 21 janvier 2009 au 13 novembre 2010 (1) – le livre sortant un peu avant la fin de sa fonction. Avant cela, elle commence à s’intéresser (sur les conseils de Claude Guéant) au développement durable à partir de 2003 et poursuivit son chemin dans ce domaine au ministère de l’Intérieur et au Conseil Général des Hauts-de-Seine, en tant que, respectivement, de conseillère pour le développement durable et chargée de développement du premier conseil départemental sur le même sujet. A la suite de l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’elle a soutenu durant la campagne de 2007, elle devient la conseillère pour le développement durable à l’Elysée afin de préparer le fameux de Grenelle de l’Environnement, par des négociations avec les différents protagonistes. En 2008, elle devint présidente de l’ADEME – l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (2). Elle fut la remplaçante au poste de secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie de Nathalie Kosciusko-Morizet, devenue secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du développement de l’Economie numérique.

Au moment où ce livre est écrit, l’engouement pour la protection de l’environnement est passé, notamment à cause de la crise. Le monde esssaie de se sortir de l’impasse budgétaire où le mot RIGUEUR est de mise, par les demandes de l’Allemagne en particulier. Le changement sociétal promis, une gestion et une consommation des ressources meilleure, une remise en question du traitement des déchets : tout cela n’a pu éclore convenablement ou pas du tout. Alors qu’elle aurait pu être une solution pour actuellement et aurait pu prévenir, du moins je le pense, la crise que nous subissons encore aujourd’hui. Nous sommes revenus à la conception socio-économique d’avant-crise, une idée de l’économie et de la mécanique budgétaire politique provenant du siècle dernier, qui a certes permis notre développement mais qui s’essoufle et nous entraîne petit à petit, si nous ne faisons pas les réformes adéquates rapidement, vers un chaos potentiel.

Pour le livre en lui-même, l’auteure nous plonge dans les coulisses du fameux Grenelle de l’Environnement, qui fut décrié, plus par idéologie politique et combat de camps que par idées et débats. Méconnaissances du sujet, désintérêt, égoïsme et coups bas, les ingrédients pour un échec annoncé. J’ai peur qu’il se passe la même chose pour la Conférence sur le Climat de Paris, qui se déroulera à la fin de l’année, le COP 21 – j’en parlerai dans un prochain article dédié à ce sujet. Mais l’évènement le plus marquant en termes de risibilité et de consensus à minima fut sans conteste le Sommet pour le Climat de Copenhague où toutes les déceptions vinrent en même temps que les avions de « maîtres du monde », où les pays européens se heurtèrent au mur des pays émergents comme la Chine et l’Inde ainsi qu’aux Etats-Unis, l’environnement sacrifié sur l’autel de l’économie à court terme et de la croissance à court terme. L’idée d’une écologie qui est synonyme de frein au développement économique est persistant, certains pays pensant que nous, pays européens, ne voulons pas qu’ils accèdent à la prospérité – manichéisme, quand tu nous tiens. Ajoutez à cela un pays hôte, le Danemark – qui est considéré comme un des champions d’une économie verte – qui, ne voulant pas fâcher les grands de ce monde, se tut malgré les « pressions » de la part des pays européens pour obtenir des garanties sur la baisses des émissions de CO2.

Chantal Jouanno lors de la campagne des élections régionales en mars 2010 (Source Wikipédia)

Chantal Jouanno lors de la campagne des élections régionales en mars 2010 (Source Wikipédia)

Commentaire : Quant à mon sentiment sur ce livre, il est mitigé. Le fait d’avoir le point de vue d’un secrétaaire d’Etat, d’un politicien au pouvoir permet d’entrer dans les coulisses qui ne sont que peu visibles pour le quidam. Les discussions avec des personnalités influentes (Charles-Edouard Vincent, Richard Descoings, Jean-Paul Fitoussi, Dominique Bourg) et pour l’un d’entre elles, connue mondialement pour son combat pour l’Ecologie – j’ai dénommé Jane Goodall, sur le sujet de l’écologie et ses aboutissants en matière d’économie, de sociétal et d’environnement, soit les 3 piliers du développement durable, sont très intéressantes et font réfléchir sur les possibles leviers à actionner pour changer les mentalités.

Mais en lisant ce livre, je ne vois que des paroles et peu d’actes, Chantal Jouanno se « cache » derrière l’argument : « J’ai essayé de changer les mentalités mais çà ne marche pas donc j’abandonne ». Je sais très bien qu’il est très difficile de changer la manière de vivre des gens et la manière de gérer un pays à cause d’esprits hermétiques et ayant des oeillères sur ce qui les entourent, néanmoins, il est possible de le faire par des actions plus simples mais qui aboutissent à des résultats rapides et concrets. Dans la philosophie taoïste, il est dit qu’il faut réduire un problème complexe en plusieurs plus faciles à résoudre. En essayant, par exemple, d’appliquer la taxe carbone de façon abrupte comme voulait le faire le gouvernement Ayrault également, les politiciens s’attaquent à casser une montagne au lieu d’un simple rocher. C’est à cause de cela que l’appréciation de l’écologie est fortement décliné au fil des ans alors les Français, je prends le cas de notre pays qui est révélateur, demandaient à améliorer leur environnement. La crise a, certes, changé la donne puisque le chômage et le pouvoir d’achat sont devenus les priorités mais le développement durable peut être et est un moyen de sortir de cette crise.

En résumé, un livre intéressant mais qui me laisse perplexe sur l’avenir, en matière d’écologie sur le plan politique.

Merci de m’avoir lu !

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Chantal_Jouanno

(2) http://www2.ademe.fr/

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