Des vêtements et chaussures à base de déchets trouvés dans l’océan : une idée à double tranchant

14 juil

Bonjour à tous !

Le journal 20 minutes a fait l’écho d’une potentielle innovation de l’entreprise Adidas : les chaussures fabriquées à partir de déchets plastique récupérés sur les plages ou en mer (1).

Avec la collaboration de l’association Parley for the Oceans (2), une nouvelle gamme de chaussures et de vêtements utilise la méthode du tissage pour minimiser les pertes dues à la création des motifs ou du changement de matière. Adidas explique, par la voix de son directeur de marque, Eric Liedtke, que la compagnie a utilisé la juste quantité nécessaire pour créer les chaussures (les vêtements étant l’autre étape), tressées avec du plastique issu des filets de pêche retraités. Ces filets ont été récupérés par une autre association, célèbre par ses actions contre les baleiniers japonais dans le Pacifique Sud et par la série de reportages sur les chaînes de découverte, Sea Sheperd.

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Primeknits (Source Fast Coexist)

 Les Primeknits – c’est le nom de ces chaussures – sont le porte-étendard de la marque aux trois bandes et de son implication dans la protection de l’environnement (3). Elle considère que l’avenir des ressources primaires, pour la fabrication des chaussures, passe par la valorisation des déchets plastique. Nous ne pouvons pas dire qu’ils manqueront de ressources, nous en retrouvons tellement dans nos poubelles et dans les paysages lors de ramassages avec Nature Libre sur nos côtes, déchets qui proviennent de la mer ou de la terre.

Mon petit commentaire : je ne suis pas convaincu. Pour plusieurs raisons à celà.

D’une part le greenwashing est grossier, visible à des kilomètres à la ronde. Je ne crache pas sur Adidas puisque j’en porte mais il faut être réaliste. L’industrie du textile est l’une des plus polluantes de notre société actuelle, il ne faut pas oublier les méthodes de fabrication qui usent de produits chimiques rémanantes et qui détruisent la faune et la flore des terres et des fleuves. Financer des associations pour redorer son image, ce n’est pas la première fois que l’on voit çà. Faire de la publicité pour des objets soi-disant écologiques ou qui n’atteignent pas l’environnement, nous l’avons déjà vu aussi. De plus, il faut prendre en compte les conditions dans lesquelles les ouvriers travaillent. Tout est orchestré pour une communication rodée, digne des plus grandes multinationales : publicité indirecte via des sites de mode et généralistes (4), travail avec des associations écologistes connues, couverture « verte ». Assez étonnant de la part de Sea Sheperd qui passe pour une des associations les plus indépendantes qui soient. A croire que non.

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Primeknits (Source Fast Coexist)

D’autre part, d’après certains experts, le problème des plastiques dans les océans ne serait que remis à plus tard (5). Pourquoi ? Tout simplement parce que tout vêtement perd des microfibres à chaque lavage et essorage. N’étant pas possible de les séparer dans les eaux traitées, elles se retrouvent dans les fleuves puis les mers et océans. Et elles sont la pollution insidieuse puisque mangées par les poissons, les cétacés et les mollusques, les tuant à petit feu, eux mais aussi les humains puisque nous faisons partie de la chaîne alimentaire. Car la pollution la plus dangereuse est celle qui ne se voit pas à l’oeil nu (moins de 1 mm), toutes ces particules de plastique qui se retrouvent dans les entrailles des animaux puis des hommes, qui entraînent des complications de santé avérées comme le montre une étude intitulée Accumulation of Microplastic on Shorelines Woldwide: Sources and Sinks - Accumulation de Microplastique sur les Littoraux du Monde : Sources et Issues (si vous avez une meilleure traduction, je suis preneur) (6).

Une seule solution : l’optimisation du plastique. Changer les structures des vêtements via les méthodes de fabrication pour utiliser le moins de matière possible ou bien changer la structure même du plastique pour éviter les pertes. Moins de plastique : un moyen de préserver la nature et d’avoir une vue à long terme, du point de vue économique, écologique et sociale, en résumé de respecter les bases du développement durable.

Merci de m’avoir lu !

(1) http://www.20minutes.fr/planete/1643575-20150701-adidas-cree-chaussure-fabriquee-grace-dechets-plastiques-issus-ocean

(2) http://www.parley.tv/#unxparley

(3) http://www.fastcoexist.com/3048033/adidas-knit-these-sneakers-entirely-from-ocean-plastic-trash?utm_content=buffer7b04b&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer#4

(4) http://style.lesinrocks.com/2015/07/01/adidas-cree-une-serie-de-baskets-avec-des-dechets-plastiques-des-oceans/

(5) http://www.slate.fr/story/103829/adidas-baskets-plastique-recupere-oceans-ecolo

(6) http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es201811s ; Mark Anthony Browne, Phillip Crump, Stewart J. Niven, Emma Teuten, Andrew Tonkin, Tamara Galloway, and Richard Thompson

 

 

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