Un livre, un commentaire : « Nobel » alternatif – 13 portraits de lauréats, de Geseko Von Lüpke et Peter Erlenwein

29 juil

Bonjour à tous !

Quelques livres m’ont occupé les dernières soirées, de la science-fiction aux ouvrages de peinture. Entre temps je suis tombé sur un livre acheté dans mon magasin préféré, « Nobel » alternatif.

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« Nobel alternatif » – 13 portraits de lauréats, de Geseko Von Lupke et Peter Erlenwein (Editions de la Plage)

De quoi et de qui parle ce livre ? Il explique, de par des interviews et des thèses, des alternatives développées par 13 personnalités, en majorité méconnues, dans les domaines de l’écologie, l’économie, les sciences sociales et le social. Des alternatives à notre société consumériste et polluante actuelle. Ces 13 acteurs sont ainsi mis en lumière par Von Lüpke et Erlenwein et voici leurs noms et brèves descriptions de leurs actes :

  • Jakob von Uexhüll, le fondateur du Right Livelihood Award, qui récompense les 12 autres personnes citées ci-après ;
  • Hans-Peter Dürr, mort en 2014, physicien qui combattit le programme Guerre des Etoiles du président américain Ronald Reagan et qui prônait une révolution de la pensée mondiale ;
  • Johan Galtung, sociologue et fondateur du réseau Transcend, cherchant à développer une société sans violence, par la philosophie des règlements de conflits préventifs ;
  • Manfred Max-Neef, pour qui l’économie est à plusieurs échelles, l’économie de base dite « des pieds nus » qui est aux antipodes de celle mondialisée et libéral de nos jours ;
  • Vandana Shiva, physicienne quantique, militant contre la commercialisation du vivant et de la perdition des savoirs ancestraux ;
  • Pat Mooney, qui prône une agriculture diversifiée et respectant l’environnement tout en combattant les nanotechnologies et les OGM ;
  • Helena Norberg-Hodge, liant développement durable et conservation des cultures et identités locales ;
  • Wangari Maathai, décédée en 2011, replanta des arbres au Kenya d’abord puis dans toute l’Afrique, malgré les pressions politiques. Elle fut d’ailleurs la seule à avoir eu à la fois le prix « Nobel » alternatif en 1984 et le prix Nobel de la Paix 20 ans après ;
  • Dipal Barua, l’énergie solaire à crédit est synonyme de développement économique ;
  • Ibrahim Abouleish, développe une agriculture biodynamique et rentable, permettant d’aider les petits producteurs et la population locale ;
  • Michael Succow, créant des réserves naturelles, les zapovedniki, dans des pays où l’écologie n’est pas de mise, notamment les pays de l’URSS ;
  • Tapio Mattlar lutte contre la désertification des campagnes en Finlande, due à la mondialisation ;
  • Nicanor Perlas, qui propose une alternative idéologique de lien social et environnemental entre l’Etat, l’économie et la culture ;
  • Amy Goodman donne la parole aux altermondialistes et aux militants, boudés par les principaux médias, par l’intermédiaire de l’émission radiophonique Democracy Now ! ;

Les personnalités ont des idées assez transverses et complémentaires, avec le développement durable en guise de ligne rouge. Du journalisme au militantisme, en passant par l’économie, ces biographies et entretiens permettent à ces personnalités de développer leurs idées et démontrer, par leurs projets et expériences, la faisabilité et l’application possible de leurs thèses.

De nombreuses idées sont simples ou plutôt instinctives, comme le respect de l’environnement ou des cultures. D’autres sont plus sujettes à débat comme la non-commercialisation du vivant ou les nanotechnologies, où les Etats se confrontent en deux camps, sans consensus. Avec les populations bien loin de ces préoccupations mais dont les applications peuvent pourtant toucher la vie quotidienne, tels les OGM.

Right Livelihood Award
Album : Right Livelihood Award
Le fondateur du Prix et les lauréats décrits dans le livre
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Commentaire : J’ai beaucoup apprécié ce livre, car de nombreuses personnalités ont pu dévoiler leurs actions qui sont malheureusement peu valorisées aux yeux du public. Je connaissais seulement une seule d’entre elles, Wangari Maathai, et encore, très mal. Ces personnes contribuent, de par leurs actes, à la remise en question d notre société actuelle, afin qu’elle devienne plus responsable, plus respectueuse de son environnement mais aussi d l’humain et de ses diversités culturelles et identitaires.

J’ai plus de doutes en ce qui concerne les nanotechnologies. Du fait d’être féru d’avancées en matière de technologie, je suis pour le développement des innovations au niveau nanométrique. Mais je ne tombe pas non plus dans le transhumanisme, je sais qu’une technologie a ses bons et mauvais côtés, tout dépend de la finalité que l’on veut. Bref, ne soyons pas un apôtre de la nanotechnologie à tout prix ou un anti nano qui refuse toute avancée dans ce domaine. Soyons juste réaliste et pragmatique. Un autre sujet me dérange un peu : celui de l’énergie solaire ; l’objectif en lui-même est très louable, cela n’est pas mon problème et je le soutiens parfaitement mais c’est sur le devenir de ces installations qui me chiffonne, que deviendront-elles après le temps d’utilisation ? Comme très souvent, l’après-projet n’est jamais planifié et le recyclage ne semble pas être à l’ordre du jour malheureusement. Mais peut être le sera-t-il prochainement, je l’espère en tout cas.

Deux personnalités m’ont donné envie de faire un projet dans ces domaines : Vandana Shiva et Ibrahim Abouleish.

Vandana Shiva, qui lutte pour la protection des savoirs et le développement durable, est une combattante et qui n’hésita pas à attaquer, à la cour de justice européenne, une entreprise qui s’était accaparé à son profit un savoir datant de plusieurs millénaires pour les applications médicales du neem. Dix ans de lutte pour éviter aux populations locales d’Inde de payer pour un brevet alors que ce sont eux qui sont à l’origine des applications de ce produit. Toutefois de nombreux brevets concernent ce genre d’applications et la force commerciale et judiciaire des multinationales obligent les politiciens à accepter.

Ibrahim Abouleish est celui qui m’a convaincu totalement. Un véritable de transversalité des applications avec comme but final l’éducation. Si je devais exposer un projet de type écologique, je prendrais comme exemple les travaux qui ont permis d’édifier les bases d’une société responsable, du social à l’écologie en passant par l’économie. J’aimerais savoir ce qu’il est advenu de ce projet, puisque l’Egypte fut secouée ces dernières années par des crises politiques majeures et le livre date de 2008, je vais me renseigner après. Dans le cas où le projet continue, j’aimerais voir les applications de recyclage possibles,  qui seraient complémentaires aux idées prônées par le pharmacien égyptien germanophone. L’article dédié montre aussi l’absurdité de notre société en Europe, qui recherche des innovations sociétales développées dans d’autres pays, qui se sont inspirés eux-mêmes… de nos idées philosophiques, notamment celles de Goethe.

En résumé, un livre très intéressant, aux projets et expériences innovantes et méritant d’être plus connues. A lire immédiatement et à partager.

Je ne finirai pas sur mon habituel « Merci de m’avoir lu ! » mais sur une citation de Jakob Von Uexhüll : « Il existe un bien trop grand nombre de solutions pour être pessimiste et bien trop de problèmes pour être optimiste. ».

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