Un livre, un commentaire : « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi

25 nov

Bonjour à tous et à toutes,

Je suis tombé, au hasard de mes achats sur la toile, sur un livre de Pierre Rabhi, auteur engagé que l’on a déjà traité dans un article précédent. Le titre était intéressant, sur le sujet de la sobriété : un terme que l’on entend très peu, contrairement à « dioxyde de carbone », « réchauffement climatique », « montée des eaux », etc. Et pourtant, le fait de consommer moins mais mieux pourrait être une solution simple à la crise écologique actuelle, en arrivant dans une société plus sobre, qui assurerait un avenir meilleur à notre planète.

Je saute dans mon lit, accompagné de mon livre, avec en fond un vieux vinyle qui tourne et c’est parti pour une soirée lecture !

sobriété-rabhi

Vers la sobriété heureuse, de Pierre Rabhi (Editions Actes Sud)

Un petit synopsis : En partant de son enfance, Pierre Rabhi fait un rapide résumé de sa vie, montrant le chemin qu’il a pris dans l’agriculture, à contre-courant de ce qui se faisait à l’époque où régnait l’agriculture intensive d’après-guerre.  Mais comme toute période de réussite économique, une crise subvient et entraîne chômage, délocalisation, appauvrissement… Il voit ce qui se passe, cette course au profit, une idée de ressources illimités. Avec également un isolement de chacun, l’égoïsme qui devient un sport national. Il a dans l’idée que nous sommes dans un modernisme mortifère, qui ne cherche que le rendement économique à tout prix, en transformant chaque être humain en un potentiel prédateur ou une proie. Pierre Rabhi développe ensuite ses arguments sur la condition des personnes âgées, la pédagogie, le retour de l’humain au centre des préoccupations politiques,… La fin regroupe certains écrits de l’auteur, de la description des structures dont il fait partie et des idées de projets dans l’avenir.

Commentaire : Comme je le disais plus haut, le livre semblait intéressant. Je ne suis pas déçu, l’explication de la sobriété dans la société est très argumenté, exposé avec des exemples divers et variés, soutenant mon idée de savourer la vie avec moins de chose et de meilleure qualité. J’ai été éduqué dans l’idée que le gâchis est un drame et que les petites choses de la vie vous rendent plus heureux que les choses artificielles que l’on tente de nous vendre tous les jours.

Mais, il y a quelques parties qui me chiffonnent dans ce livre. Je ne suis pas un optimiste de nature, néanmoins je ne broie pas du noir. Ce livre est d’un pessimisme que nous pouvons être déprimé à la fin. Tout va mal pour le pire des mondes, si je me mets dans la peau d’un anti-Leibniz. C’est à cause du monde moderne que tout se détruit, l’espèce humaine est terrible, et j’en passe et des meilleures. Pendant que j’écris ces lignes, je souffle en disant : « Punaise, ce n’est pas en ayant un jugement pareil que l’on va changer les choses ! ». J’ai beaucoup d’estime pour Pierre Rabhi, mais, ce livre est très dur sur nous-même, voire misanthrope.  Ajoutez cela à une forte nostalgie, vous avez un cocktail acide écologique.

Ensuite, cela est très bien de dire qu’il faut retourner à la terre, revenir sur des bases agricoles comme d’antan. Il oublie une chose : la majorité des personnes de ce monde n’ont pas envie de redevenir « paysan » ! Ce livre ne pourra pas être mis dans les mains d’un citadin lambda actuel, il faut être réaliste. Je suis d’accord qu’il faut cultiver ses propres légumes, de revenir à des valeurs d’autrefois qui nous liaient mais aujourd’hui d’autres valeurs se sont développées. Internet n’a pas que des défauts, la société actuelle a des atouts qu’il faut souligner. Il y a un manque de réalisme étonnant, je trouve.

De plus, je n’ai pas apprécié l’autopromotion, avec les annexes, des différentes structures, des écrits. Au lieu d’en parler un peu dans le livre, c’est littéralement un cinquième du livre qui est consacré à tous ces projets auxquels il participe. Pour un essai sur la sobriété, je trouve cette partie décalée du sujet. Pour moi, çà ne donne pas envie de voir ces idées qui sont développées sur son site Internet ou dans d’autres livres.

Bref, un livre qui ne m’a pas marqué. Intéressant mais biaisé par un manque de discernement, issu d’un énorme pessimisme et d’une subjectivité étouffante, caractérisée par une autopromotion trop visible.

Merci de m’avoir lu !

2 Réponses à “Un livre, un commentaire : « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi”

  1. epona 8 novembre 2017 à 12 h 38 min #

    je partage votre commentaire avec tout le respect que j’ai pour son travail
    disons que si ça pouvait éveiller les consciences ce serait déjà bien
    le simple bon sens de consommer moins et mieux, de boycotter les produits non éthiques et les grandes surfaces le plus possible, c’est ma part de « colibri » que je fais au quotidien depuis plus de 20 ans sans être dans une « secte » écolo habillée comme une « sdf ».
    Comme pour tout, la vérité est au milieu, Pierre Rahbi est humain, donc imparfait, mais il dit qd même beaucoup de choses intéressantes. A chacun de trouver sa voie, pour être plus heureux, en tout cas, il est clair que la possession matérielle ne fait plus rêver. C’est déjà un bon signe.

    • Jean-Baptiste 8 novembre 2017 à 20 h 00 min #

      Bonsoir Epona.

      Grâce à vous, j’ai relu quelques articles que j’avais écrit sur cet ancien blog. ;) Certains articles sont sujet à critique, surtout que cela a été écrit il y a des années maintenant.

      Pour Pierre Rabhi, je trouve qu’il est cohérent dans sa philosophie et dans son engagement, où la nécessité de réduire notre consommation devient criante. Mon idée sur ses écrits ont évolué, même si certains continuent à être en opposition à mes pensées (pessimisme trop important et désaccord avec l’idée de Mère Nature).

      Mais bien sûr, c’est mon point de vue. Les personnes peuvent être opposé à ce que je dis et c’est normal :) .

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