Le recyclage dans le Nord : les déchets de sédiments portuaires

18 jan

Bonjour à tous et à toutes !

Valorisation des déchets, une phrase que nous entendons dans notre vie de tous les jours. Et nous pensons immédiatement aux déchets ménagers tels les verres, les papiers/cartons, les métaux… Pour l’industrie, c’est pareil : les bordereaux de suivi de déchets remplissent les bannettes à papier des superviseurs et managers en Hygiène, Sécurité et Environnement. Mais qu’en est-il des ports et des infrastructures portuaires ?

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Le Grand Port Maritime de Dunkerque (Source COVASED)

Ils doivent régir les mêmes problèmes, à ceci près qu’il faut ajouter un autre déchet moins connu du grand public : les sédiments. Ces résidus d’alluvions, apportés par la mer, les canaux ou les fleuves, entraînent parfois le blocage des navires, nécessitant des investissements importants dans des campagnes de drainage et de dragage.

Mais ces déchets ne peuvent être enlevés comme si cela était de la simple terre de champ de pommes de terre. Contaminés par les métaux lourds, les carburants  et les micro-plastiques, provenant des navires, des industries portuaires ou même des fleuves qui charrient les polluants de l’amont, il est nécessaire de traiter ces déchets de manière rigoureuse, puisque l’eau traitée retourne à la mer.

Toutefois, il n’existe pas d’infrastructures adaptées en France, soit à cause du manque de zones de traitement des sédiments, soit par manque de place. Ces facteurs limitent la valorisation des sédiments et les résidus sont actuellement envoyés à l’étranger, où des industries de valorisation existent déjà, notamment en Belgique (SEDISOL – Sambre, SOLINDUS à Châtelet, AMORAS à Anvers) et en Allemagne, au port de Hambourg. En France, seuls les ports de Toulon et de Dunkerque sont à même de traiter plusieurs centaines de milliers de tonnes de résidus secs, mais les produits ne sont pas valorisés, restant en dépôt.

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Des sédiments retirés d’une darse (Source Parc Naturel Marin Iroise)

Comment traiter alors les 33,5 millions de tonnes de matière sèche issues des dragages ?

Avec les nouvelles réglementations environnementales, il n’est parfois pas possible d’immerger ces déchets, avec les risques de pollution qui s’y infèrent. Il faut donc les traiter à terre, mais les problèmes expliqués précédemment montrent le peu de facilité à répondre au sujet. Il faut donc donner un avenir à ces sédiments, afin de pouvoir continuellement traiter la grande quantité qui arrive chaque année, en particulier de la zone Manche-Mer du Nord, où les infrastructures portuaires sont très nombreuse, et demandent une gestion de la profondeur des darses rigoureuse, pour éviter d’éventuels échouages.

A Dunkerque, un projet a vu le jour : le programme COVASEDCO-VAlorisation des SEDiments. Le but de ce projet est de traiter les sédiments pour qu’ils deviennent des matériaux utilisables pour diverses activités, selon les propriétés qui en découlent avec l’ajout de liants et de co-produits. Les caractéristiques obtenues, la granulométrie par exemple, identifient les produits et ceux-ci permettent ainsi l’édification de plate-formes portuaires (Havre 2000), des pistes et des voiries, la production de sable et de pierres pour alimenter d’autres industries demandeuses (1).

Sous l’égide de la SEDIGATESEDiments Gestion A TErre – et le GPMDGrand Port Maritime de Dunkerque, le projet est piloté selon les compétences – industrielles, réglementaires et scientifiques, de diverses entreprises et laboratoires (2) :

Cet investissement à long terme est aidé par les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Normandie, Bretagne, le département du Pas-de-Calais, la Banque Publique d’Investissement (BPI France).

Pour la description du projet en lui-même, je vous invite à lire les documents suivants qui entrent plus dans le détail et exposent le sujet, en allant des problèmes de traitement aux objectifs à terme.

fichier pdf Gestion durable des sédiments : le projet COVASED

fichier pdf COVASED : Recyclable des déchets en matériaux alternatifs

Cette structure a pour but final de développer le traitement de déchets considérés auparavant comme « intraitables » et comme tout projet de ce type, de créer des emplois, avec l’implantation de plusieurs centres de regroupements et de traitements, pour 10 à 15 emplois chacun en théorie et pour plusieurs milliers d’euros de chiffre d’affaires.

Nous allons voir en 2017, après les 36 mois d’études et de tests, pour voir la faisabilité du projet.

Merci de m’avoir lu !

(1) http://covased.jimdo.com/exemples-de-valorisation/

(2) http://www.amalthea.fr/WordPress/Blog/traitement-et-valorisation-des-sediments-portuaires-lancement-du-demonstrateur-covased/

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