Week-end d’un gnome (écolo) : Dimanche – Nettoyage de la plage de Tardinghen

14 fév

Bonjour à tous et à toutes !

Deuxième jour du weekend spécial. Les yeux s’ouvrent doucement, quelques tensions se ressentent dans les doigts, avec le chantier Nature de la veille fait avec les Blongios et les représentants du Parc Naturel de la Côte d’Opale. Je me lève, et je ne bouscule personne, contrairement à un certain C.F. Quelle heure est-il ? 7h30. 6 heures de sommeil, c’est pas mal dans un lieu où je n’ai pas mes habitudes. Allez, une petite douche, habillage et petit-déjeuner.

Certains et certaines sont déjà réveillés, buvant une petite boisson chaude et continuant à discuter. Je fais de même, on rigole sur le fait d’avoir appris les bases de l’escrime, des photos prises sur le lieu du débroussaillage… Il se fait faim. De la ganache au chocolat faite maison va accompagner les tartines et les fruits du petit-déjeuner.  La pluie tombe dehors. Le temps a bien changé depuis la veille, il est gris, taciturne. Tout le contraire de la joie et des rires qui ensoleillent le gîte.

Tout le monde est prêt. Il est l’heure de partir pour Tardinghen.

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Une vue sous la pluie de la plage de Tardinghen

De nouveau dans la voiture du rire, on se dirige à la queue leu leu vers la plage. Les gouttes tombent sur le pare-brise. J’espère qu’il ne va pas tomber des cordes comme le samedi matin. Le chemin se déroule bien, mis à part une inutile attente d’un passage de wagon qui avait nécessité l’abaissement des barrières de chemin de fer. Chacun arrive sans encombre sur le parking. Des personnes nous attendent pour faire le nettoyage : mes parents qui sont venus malgré les intempéries. Ils sont devenus de véritables fervents des nettoyages de plage, venant quelque soit le temps.

Bardé d’un sac à dos et d’une pochette pour bouchons, fabrication familiale certifiée, je marche sur la plage. Mis à part nous, seuls quelques sportifs – je pourrais dire du dimanche mais ce terme a une connotation péjorative – s’entraînent sur le sable et les cailloux. Nous nous avançons vers Wissant. De la ferraille commence à être récupérée, des tiges torsadées datant de la Seconde Guerre Mondiale sortent du sol. De splendides piquets à tomates, comme le dirait si bien Denis des Blongios.

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Les toilettes de Tardinghen, symbole de l’érosion des côtes

L’érosion est fortement visible ici, la côte est attaquée sans pouvoir se défendre, donnant naissance à un muret haut d’un mètre, subissant les aléas climatiques et les marées. Les maisons proches de la plage sont menacées et nous nous retrouvons avec des choses assez étonnantes comme ces toilettes ayant une vue incroyable sur la mer. La question de l’érosion est alarmante mais ne semble préoccuper que peu de monde car il s’agit d’un problème sur le moyen-long terme. Et comme toute chose aujourd’hui, il est difficile de réfléchir à anticiper les problèmes, très difficile.

Nous nous attelons à ramasser les déchets, qui pullulent par terre. S’emmêlant dans les algues ou s’enfouissant sur les couches de pierres avec les assauts de la mer, des milliers de petits déchets polluent le front maritime de Tardinghen. Des flotteurs, des pots de yaourt, des briquets, des bouteilles, du verre, de multiples jouets de plage ou de petits enfants perdus, des bidons, des tiges métalliques, du bois peint, des morceaux de plastiques, encore et toujours ce foutu polystyrène – véritable fléau dont je demande l’interdiction pure et simple car ce n’est vraiment plus possible de voir ce déchet partout. Incroyable comment cette plage est polluée, c’est choquant car c’est continu. Quand je dis continu, c’est un cordon de plusieurs kilomètres d’un mélange d’algues, de tiges d’oyats et de déchets. Et encore, nous sommes partis vers le Nord mais mes parents m’ont dit que le côté Sud est tout aussi touché. Çà m’attriste quand je vois çà. Mais nous ne sommes pas là pour être pessimistes mais pour changer les choses, en partant d’actions locales.

Weekend Chantier Nature - Dimanche
Album : Weekend Chantier Nature - Dimanche
Deuxième partie du weekend Chantier Nature avec les Blongios et Nature Libre, nettoyage de la plage de Tardighen
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En parlant d’actions locales, nous avons pris dans la famille de récupérer les bouchons pour l’association des Bouchons d’Amour, dont une base est à Calais. Les bouchons récupérés sont donnés à ma troisième sœur qui est notre lien intermédiaire, ma sœur qui nous avait accompagné lors du premier nettoyage de l’année à Wimereux. Avec Nature Libre, çà commence à être aussi une habitude. Au final, 3,5 kg de bouchons ont été récoltés. Ajoutez à cela les 4,5 kg ramassés deux jours plus tard et dont on retire le sable, 8 kg qui paie une petite partie de formation de chien d’aveugle ou une petite pièce d’un fauteuil roulant électrique.

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Le sac pour l’association des Bouchons d’Amour

 

Les sacs se remplissent, et pendant ce temps là, un nouveau ramasseur nous vient en aide, accompagné de son chien. Il a déjà participé à un nettoyage et celui d’aujourd’hui est une bonne occasion pour lui de s’y remettre. Mes poches sont toutes remplies de bouchons, je commence à ressembler de plus en plus à M. Bibendum. Ma peau a le goût salé, arrosée d’une pluie continue.

Le temps tourne, il faut remonter vers les voitures. Les sacs sont pleins de petits déchets légers mais emplissent totalement. Avec deux sur le dos, je marche sur la grève. De nombreux petits personnages se dirigent comme des fourmis vers leur lieu de villégiature. Charmant spectacle. Quelles images auraient pu être faites à partir d’un avion ou d’un petit drone (une petite idée à mettre en place) !

On amoncelle les sacs près des grandes poubelles. Le calcul se fait directement :

plus de 250 kg ramassés ce jour. 

Ne vous fiez pas à la quantité car ce sont des micro-déchets qui ont récoltés, légers mais plus sournois car nous passons facilement au-dessus. De plus, nous étions 17 bénévoles en action, chiffre compréhensible car ce nettoyage n’est pas dans le planning, mais interne au weekend Chantier Nature. Mais le prochain sera le 21 février, à Audresselles, au Noirdat, dont je ferai la publicité prochainement.

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Résultat de la récolte sur la plage de Tardinghen

Nous retournons au gîte, toujours sous les paroles et les rires dans la fameuse voiture. Le repas du midi va nous remplir d’appétit et nous rassasier. Nous mangeons les restes car nous avions fait pour un régiment . Des œufs durs, des carottes, le reste des cakes, des tartes,… Tout y passe. Après manger, tout le monde se met à nettoyer l’habitation. Chacun sa tâche, son boulot. Balayage, nettoyage de la table, vaisselle, tri des déchets.  Le logis est propre et nous pouvons redonner les clefs.

Il est l’heure de se dire au revoir, chacun va rentrer dans ses foyers lillois, wimereusiens, boulonnais ou bien nortkerquois pour ma part.  Je repars dans ma petite auto rouge à travers la fin des collines de l’Artois par les petits villages ou villes aux doux noms comme Bouquehault, Guînes, Ardres, la route est plus rapide pour moi que de reprendre l’autoroute.

C’était un magnifique moment de partage, ce weekend. J’ai rencontré des personnes sympathiques avec qui j’ai pu partager, discuter et apprendre surtout. Notre ami Denis des Blongios nous a donné des livrets documentaires sur la faune et la flore de la réserve Naturelle de la Côte d’Opale, que je suis en train de lire en ce moment.

Je vous conseille vivement de participer à un chantier nature, car vous verrez des espèces rares de plantes et d’animaux, appartenant à des écosystèmes spéciaux. Vous apprendrez diverses choses que les livres ne sauront véritablement vous réciter, car le fait de voir in situ est beaucoup plus instructif et pédagogique. Rapprochez-vous de l’association des Blongios qui propose des actions dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie mais aussi ailleurs en France et vous pourrez ainsi participer à l’une d’entre elles.

Je remercie aussi les représentants du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale, Sébastien et Léia, qui ont la gentillesse de nous accompagner lors du chantier nature, qui se situe dans le Parc et qui nous ont fait partagé leurs connaissances du milieu naturel et nous ont expliqué la nécessité de protéger ces prairies calcicoles qui sont en voie de disparition, avec la raréfaction des terres non cultivées, l’invasion d’espèce qui diminuent la diversité du biotope et la monoculture des champs agricoles.

Voilà ce fameux weekend, auquel je souhaite participer une nouvelle fois, et j’espère que je n’ai pas été trop long cette fois-ci.

En espérant que cela vous a plu et à une prochaine pour un autre article.

Merci de m’avoir lu !

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