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Un livre, un commentaire : « La faim du monde – L’humanité au bord d’une famine globale » de Hugues Stoeckel

3 jan

Bonjour à tous et à toutes !

Cela fait plus d’un mois que je ne vous ai pas fait part d’une de mes lectures. J’ai lu quelques livres mais d’autres genres, loin du sujet de l’écologie. Sauf un, celui dont je vais vous parler aujourd’hui.

La faim du monde – L’humanité au bord d’une famine globale, d’Hugues Stoeckel, explique les problèmes qui vont entraîner la famine dans le monde entier, malgré les avancées technologiques, dont nous entendons les bienfaits presque tous les jours. L’auteur veut démontrer – par des graphiques issus de rapports de la FAO, des Nations Unies, de scientifiques comme le canadien Paul Chefurka – l’avènement proche de la crise de la nourriture dont nous avions eu les prémices il y a encore quelques années.

Le fait d’être dans une vision idyllique d’un monde sans fin nous a poussé à sur-produire, surconsommer et à sur-utiliser les ressources de notre planète. Les hydrocarbures, les minéraux et les minerais, les ressources agricoles, tout y passe. A grand dam de notre planète, de sa faune et de sa flore qui n’arrivent pas à supporter l’appétit insatiable de l’être humain. Et les conséquences se ressentent déjà, il est plus que temps d’agir.

la faim dans le monde

La faim dans le Monde – L’humanité au bord d’une famine globale, d’Hugues Stoeckel (Editions Max Milo)

Hugues Stoeckel est un écologiste militant – et non pas un militant écologiste, qui n’est pas la même chose – alsacien, membre d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), d’Attac et d’Alsace Nature et aujourd’hui conseiller municipal dans le département des Vosges. C’est son premier livre.

Quant à l’auteur de la préface, Yves Cochet, il est mathématicien chercheur, ancien député européen, ancien porte-parole entre 1984 et 1986 des Verts, ancien député du Val-d’Oise pendant un an en 1997, ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement à la fin du gouvernement de Lionel Jospin (2001-2002). Actuellement, il est député d’EELV pour le 14e arrondissement de Paris

Commentaire : Le dernier article de livre – celui sur la sobriété « heureuse » de Pierre Rahbi – m’avait déplu dans son côté moralisateur et pessimiste. Ici, il y a du pessimisme et même plus, un sensation de renoncement et un manque d’ouverture/de solutions pour l’avenir, mélangé à de la clarté et à un constat accablant.

L’état des lieux est précis et clair. La production abondante de ressources alimentaires a aidé une partie du monde à se nourrir convenablement et même trop pour les pays occidentaux. Il reste quand même des centaines de millions de personnes qui ne peuvent avoir la quantité suffisante de calories pour vivre décemment. La décrépitude de l’état des océans et des terres vont limiter les rendements des différents aliments et de plus en plus de personnes vont être touchées par la famine.  Moins d’eau douce, le réchauffement climatique à certains endroits, les sols qui ne supportent plus les cultures nécessitant de l’eau et toujours de l’eau. Bref je n’ai rien à redire sur le constat, et il n’est pas joli-joli.

Ce qui me déplaît dans ce livre, c’est le manque de solutions. Ou plus précisément, la critique de toute solution possible. Je suis d’accord qu’il faut utiliser moins d’énergie car l’efficience est mauvaise, l’exergie part en fumée au lieu d’être réutilisable.  Mais pourquoi faire un chapitre sur les producteurs d’exergie en critiquant tout ? Les hydrocrabures ? OK, je comprends ! Le nucléaire ? Il a ses mauvais côtés certes ! Le solaire ? Pas assez performant ! L’éolien ? Un bon rendement mais qui risque d’être trop cher avec le béton et l’acier, qui jouissent d’un bas pris avec les hydrocarbures ! La fusion ? Utopie ! Les satellites ? Pareil ! La biopétrole ou les algues ? Celles-ci devaient être dans l’assiette au lieu d’être dans le réservoir d’une bagnole ! Au final, quelle réponse ? Aucune, à par dire que la production d’énergie va chuter d’ici 10 ans.

Reprenant la comparaison entre les Pascuans (les habitants de l’île de Pâques) et ceux de Tikopia, où deux destins de peuples sur une île se sont différenciés par leur esprit de préservation de la Nature, Hugues Stoeckel critique également le recyclage en disant que ce n’est pas une solution à long terme, notamment à cause des alliages qui peut gêner – ce qui est vrai mais pas non plus impossible à sur monter. Le recyclage, allié à une réduction de la consommation des ressources, permettra d’enrayer une partie du problème mais pas tout, bien sûr !

Il y a des points où je suis d’accord avec Hugues Stoeckel. Le point de non-retour en terme de démographie par exemple.  Comment va-t-on pouvoir nourrir presque 10 milliards d’habitants ? Par quels moyens alors que nous avons du mal en nous en sortir actuellement ! Le débat entre natalistes et malthusianistes est encore vif, mais il est clair qu’il va falloir entrer dans une ère de dénatalité, un contrôle des naissances. Non pas comme en Chine, qui a entraîné une césure démographique entre hommes et femmes (près de 20 millions de femmes de moins par rapport aux hommes). Quand on dit çà, on rentre dans un débat encore plus ardu puisqu’il fait intervenir politique, droits de l’Homme et religion. Les noms d’oiseaux fusent : bandes de nazis, terroristes verts,… Les commentaires dans les articles d’autres journaux le montrent bien (1).

Autre point intéressant, l’utilisation des ressources monétaires pour changer de société. La remise à flot du système bancaire international nous a coûté des centaines de milliards d’euros. Au profit de qui ? D’une minorité qui avait mis ce système en place et qui avait pleuré les gouvernements de les financer, sinon on courrait vers une catastrophe mondial. Ont-ils compris la leçon ? Non ! On continue comme si nous n’étions pas en crise multiple. On dépense des milliards dans les armées. Il y a bien des sous quelque part pour financer tout çà. Et l’écologie mondiale dans tout çà ? Rien, juste les fonds de poche quand il reste quelques piécettes. Nous sommes à l’aube d’un changement radical majeur dont nous savons peu des tenants et rien des aboutissants, que des théories, parfois fumeuses. On se gargarise d’un accord non contraignant à la COP21 mais quid de la suite. L’environnement est la cinquième roue du carrosse pour l’exécutif mondial.

En résumé, un livre qui fout le cafard, soyons honnête. Un constat implacable et clair sur la situation actuelle, au bord d’un précipice, d’un abysse même, d’un point de vue de la diminution des ressources, de la démographie galopante et de la crise écologique que nous subissons actuellement. Je rejoins les critiques de l’auteur sur les ressources utilisées aujourd’hui, mais en les critiquant toutes, il se dessert à son message, la suite du livre s’en ressent du point de vue du lecteur. Dommage.

Merci de m’avoir lu ! 

(1) http://www.legrandsoir.info/commentaires-sur-la-faim-du-monde-de-hugues-stoeckel.html

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