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Le recyclage dans le Nord : les déchets de sédiments portuaires

18 jan

Bonjour à tous et à toutes !

Valorisation des déchets, une phrase que nous entendons dans notre vie de tous les jours. Et nous pensons immédiatement aux déchets ménagers tels les verres, les papiers/cartons, les métaux… Pour l’industrie, c’est pareil : les bordereaux de suivi de déchets remplissent les bannettes à papier des superviseurs et managers en Hygiène, Sécurité et Environnement. Mais qu’en est-il des ports et des infrastructures portuaires ?

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Le Grand Port Maritime de Dunkerque (Source COVASED)

Ils doivent régir les mêmes problèmes, à ceci près qu’il faut ajouter un autre déchet moins connu du grand public : les sédiments. Ces résidus d’alluvions, apportés par la mer, les canaux ou les fleuves, entraînent parfois le blocage des navires, nécessitant des investissements importants dans des campagnes de drainage et de dragage.

Mais ces déchets ne peuvent être enlevés comme si cela était de la simple terre de champ de pommes de terre. Contaminés par les métaux lourds, les carburants  et les micro-plastiques, provenant des navires, des industries portuaires ou même des fleuves qui charrient les polluants de l’amont, il est nécessaire de traiter ces déchets de manière rigoureuse, puisque l’eau traitée retourne à la mer.

Toutefois, il n’existe pas d’infrastructures adaptées en France, soit à cause du manque de zones de traitement des sédiments, soit par manque de place. Ces facteurs limitent la valorisation des sédiments et les résidus sont actuellement envoyés à l’étranger, où des industries de valorisation existent déjà, notamment en Belgique (SEDISOL – Sambre, SOLINDUS à Châtelet, AMORAS à Anvers) et en Allemagne, au port de Hambourg. En France, seuls les ports de Toulon et de Dunkerque sont à même de traiter plusieurs centaines de milliers de tonnes de résidus secs, mais les produits ne sont pas valorisés, restant en dépôt.

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Des sédiments retirés d’une darse (Source Parc Naturel Marin Iroise)

Comment traiter alors les 33,5 millions de tonnes de matière sèche issues des dragages ?

Avec les nouvelles réglementations environnementales, il n’est parfois pas possible d’immerger ces déchets, avec les risques de pollution qui s’y infèrent. Il faut donc les traiter à terre, mais les problèmes expliqués précédemment montrent le peu de facilité à répondre au sujet. Il faut donc donner un avenir à ces sédiments, afin de pouvoir continuellement traiter la grande quantité qui arrive chaque année, en particulier de la zone Manche-Mer du Nord, où les infrastructures portuaires sont très nombreuse, et demandent une gestion de la profondeur des darses rigoureuse, pour éviter d’éventuels échouages.

A Dunkerque, un projet a vu le jour : le programme COVASEDCO-VAlorisation des SEDiments. Le but de ce projet est de traiter les sédiments pour qu’ils deviennent des matériaux utilisables pour diverses activités, selon les propriétés qui en découlent avec l’ajout de liants et de co-produits. Les caractéristiques obtenues, la granulométrie par exemple, identifient les produits et ceux-ci permettent ainsi l’édification de plate-formes portuaires (Havre 2000), des pistes et des voiries, la production de sable et de pierres pour alimenter d’autres industries demandeuses (1).

Sous l’égide de la SEDIGATESEDiments Gestion A TErre – et le GPMDGrand Port Maritime de Dunkerque, le projet est piloté selon les compétences – industrielles, réglementaires et scientifiques, de diverses entreprises et laboratoires (2) :

Cet investissement à long terme est aidé par les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Normandie, Bretagne, le département du Pas-de-Calais, la Banque Publique d’Investissement (BPI France).

Pour la description du projet en lui-même, je vous invite à lire les documents suivants qui entrent plus dans le détail et exposent le sujet, en allant des problèmes de traitement aux objectifs à terme.

fichier pdf Gestion durable des sédiments : le projet COVASED

fichier pdf COVASED : Recyclable des déchets en matériaux alternatifs

Cette structure a pour but final de développer le traitement de déchets considérés auparavant comme « intraitables » et comme tout projet de ce type, de créer des emplois, avec l’implantation de plusieurs centres de regroupements et de traitements, pour 10 à 15 emplois chacun en théorie et pour plusieurs milliers d’euros de chiffre d’affaires.

Nous allons voir en 2017, après les 36 mois d’études et de tests, pour voir la faisabilité du projet.

Merci de m’avoir lu !

(1) http://covased.jimdo.com/exemples-de-valorisation/

(2) http://www.amalthea.fr/WordPress/Blog/traitement-et-valorisation-des-sediments-portuaires-lancement-du-demonstrateur-covased/

Un livre, un commentaire : « La faim du monde – L’humanité au bord d’une famine globale » de Hugues Stoeckel

3 jan

Bonjour à tous et à toutes !

Cela fait plus d’un mois que je ne vous ai pas fait part d’une de mes lectures. J’ai lu quelques livres mais d’autres genres, loin du sujet de l’écologie. Sauf un, celui dont je vais vous parler aujourd’hui.

La faim du monde – L’humanité au bord d’une famine globale, d’Hugues Stoeckel, explique les problèmes qui vont entraîner la famine dans le monde entier, malgré les avancées technologiques, dont nous entendons les bienfaits presque tous les jours. L’auteur veut démontrer – par des graphiques issus de rapports de la FAO, des Nations Unies, de scientifiques comme le canadien Paul Chefurka – l’avènement proche de la crise de la nourriture dont nous avions eu les prémices il y a encore quelques années.

Le fait d’être dans une vision idyllique d’un monde sans fin nous a poussé à sur-produire, surconsommer et à sur-utiliser les ressources de notre planète. Les hydrocarbures, les minéraux et les minerais, les ressources agricoles, tout y passe. A grand dam de notre planète, de sa faune et de sa flore qui n’arrivent pas à supporter l’appétit insatiable de l’être humain. Et les conséquences se ressentent déjà, il est plus que temps d’agir.

la faim dans le monde

La faim dans le Monde – L’humanité au bord d’une famine globale, d’Hugues Stoeckel (Editions Max Milo)

Hugues Stoeckel est un écologiste militant – et non pas un militant écologiste, qui n’est pas la même chose – alsacien, membre d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), d’Attac et d’Alsace Nature et aujourd’hui conseiller municipal dans le département des Vosges. C’est son premier livre.

Quant à l’auteur de la préface, Yves Cochet, il est mathématicien chercheur, ancien député européen, ancien porte-parole entre 1984 et 1986 des Verts, ancien député du Val-d’Oise pendant un an en 1997, ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement à la fin du gouvernement de Lionel Jospin (2001-2002). Actuellement, il est député d’EELV pour le 14e arrondissement de Paris

Commentaire : Le dernier article de livre – celui sur la sobriété « heureuse » de Pierre Rahbi – m’avait déplu dans son côté moralisateur et pessimiste. Ici, il y a du pessimisme et même plus, un sensation de renoncement et un manque d’ouverture/de solutions pour l’avenir, mélangé à de la clarté et à un constat accablant.

L’état des lieux est précis et clair. La production abondante de ressources alimentaires a aidé une partie du monde à se nourrir convenablement et même trop pour les pays occidentaux. Il reste quand même des centaines de millions de personnes qui ne peuvent avoir la quantité suffisante de calories pour vivre décemment. La décrépitude de l’état des océans et des terres vont limiter les rendements des différents aliments et de plus en plus de personnes vont être touchées par la famine.  Moins d’eau douce, le réchauffement climatique à certains endroits, les sols qui ne supportent plus les cultures nécessitant de l’eau et toujours de l’eau. Bref je n’ai rien à redire sur le constat, et il n’est pas joli-joli.

Ce qui me déplaît dans ce livre, c’est le manque de solutions. Ou plus précisément, la critique de toute solution possible. Je suis d’accord qu’il faut utiliser moins d’énergie car l’efficience est mauvaise, l’exergie part en fumée au lieu d’être réutilisable.  Mais pourquoi faire un chapitre sur les producteurs d’exergie en critiquant tout ? Les hydrocrabures ? OK, je comprends ! Le nucléaire ? Il a ses mauvais côtés certes ! Le solaire ? Pas assez performant ! L’éolien ? Un bon rendement mais qui risque d’être trop cher avec le béton et l’acier, qui jouissent d’un bas pris avec les hydrocarbures ! La fusion ? Utopie ! Les satellites ? Pareil ! La biopétrole ou les algues ? Celles-ci devaient être dans l’assiette au lieu d’être dans le réservoir d’une bagnole ! Au final, quelle réponse ? Aucune, à par dire que la production d’énergie va chuter d’ici 10 ans.

Reprenant la comparaison entre les Pascuans (les habitants de l’île de Pâques) et ceux de Tikopia, où deux destins de peuples sur une île se sont différenciés par leur esprit de préservation de la Nature, Hugues Stoeckel critique également le recyclage en disant que ce n’est pas une solution à long terme, notamment à cause des alliages qui peut gêner – ce qui est vrai mais pas non plus impossible à sur monter. Le recyclage, allié à une réduction de la consommation des ressources, permettra d’enrayer une partie du problème mais pas tout, bien sûr !

Il y a des points où je suis d’accord avec Hugues Stoeckel. Le point de non-retour en terme de démographie par exemple.  Comment va-t-on pouvoir nourrir presque 10 milliards d’habitants ? Par quels moyens alors que nous avons du mal en nous en sortir actuellement ! Le débat entre natalistes et malthusianistes est encore vif, mais il est clair qu’il va falloir entrer dans une ère de dénatalité, un contrôle des naissances. Non pas comme en Chine, qui a entraîné une césure démographique entre hommes et femmes (près de 20 millions de femmes de moins par rapport aux hommes). Quand on dit çà, on rentre dans un débat encore plus ardu puisqu’il fait intervenir politique, droits de l’Homme et religion. Les noms d’oiseaux fusent : bandes de nazis, terroristes verts,… Les commentaires dans les articles d’autres journaux le montrent bien (1).

Autre point intéressant, l’utilisation des ressources monétaires pour changer de société. La remise à flot du système bancaire international nous a coûté des centaines de milliards d’euros. Au profit de qui ? D’une minorité qui avait mis ce système en place et qui avait pleuré les gouvernements de les financer, sinon on courrait vers une catastrophe mondial. Ont-ils compris la leçon ? Non ! On continue comme si nous n’étions pas en crise multiple. On dépense des milliards dans les armées. Il y a bien des sous quelque part pour financer tout çà. Et l’écologie mondiale dans tout çà ? Rien, juste les fonds de poche quand il reste quelques piécettes. Nous sommes à l’aube d’un changement radical majeur dont nous savons peu des tenants et rien des aboutissants, que des théories, parfois fumeuses. On se gargarise d’un accord non contraignant à la COP21 mais quid de la suite. L’environnement est la cinquième roue du carrosse pour l’exécutif mondial.

En résumé, un livre qui fout le cafard, soyons honnête. Un constat implacable et clair sur la situation actuelle, au bord d’un précipice, d’un abysse même, d’un point de vue de la diminution des ressources, de la démographie galopante et de la crise écologique que nous subissons actuellement. Je rejoins les critiques de l’auteur sur les ressources utilisées aujourd’hui, mais en les critiquant toutes, il se dessert à son message, la suite du livre s’en ressent du point de vue du lecteur. Dommage.

Merci de m’avoir lu ! 

(1) http://www.legrandsoir.info/commentaires-sur-la-faim-du-monde-de-hugues-stoeckel.html

Lumière sur la photopollution

22 oct

Bonjour à tous !

Depuis quelques années, nous parlons presque quotidiennement de pollution. Mais ce mot est devenu synonyme de déchets que l’on retrouve dans l’environnement : 7ème Continent, ramassages, recyclage… Je vous en parle très souvent, je l’avoue mais c’est mon dada, les macrodéchets.

Toutefois, il y a deux pollutions dont on parle très peu dans les médias : la pollution lumineuse – ou photopollution – et la pollution sonore. Nous allons nous attarder sur la première, la seconde sera l’objet d’un autre article sur le blog.

La lumière artificielle est un symbole de la civilisation humaine, montrant que l’être humain a pu vaincre les ténèbres de la nuit. En passant du simple feu à l’ampoule basse consommation, de la bougie au néon, les lampadaires à gaz jusqu’aux OLED, il y a eu un long chemin pour en arriver à notre (trop) éclairé – petit aparté : je vous encourage à lire un livre intéressant et pédagogique sur l’histoire de l’ampoule et de l’éclairage en général, l’Ampoule électrique, et la lumière fut, de Dominique Joly, aux éditions Casterman. Mais nous le savons aussi, ce qui est magnifique – regardez les images satellites de l’article – n’est pas toujours bon pour nous et ce qui nous entoure.

espagne

L’Espagne illuminée (Source Rallumons le ciel)

Une phrase peut résumer ce qui se passe actuellement dans notre beau pays : IL NE FAIT QUASIMENT PLUS NOIR EN FRANCE. Avec plus de 11 millions (chiffres de l’ANPCEN – Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes – pour 2012) de lampadaires, spots, éclairages publics, lumières de monument, le territoire est empli de photos « artificiels » (1). Et ce nombre est en croissance accélérée puisque nous avons multiplié par 7 le nombre de ces points lumineux en l’espace de 30 ans. Pour quelles raisons ? Nous vivons de plus en plus tard dans la journée, profitant de la soirée le plus possible, par des visites de musée ou de monuments emblématiques, les restaurants, les cafés, et les personnes qui travaillent après le crépuscule. Il n’y a plus de véritable césure sociale jour/nuit, ce qui impacte la faune, la flore mais aussi l’être humain.

La flore et la faune perturbée

Il y a de multiples exemples montrant la perturbation de la faune et la flore avec les lumières artificielles (2).

Les papillons paons de nuit et les collemboles sont attirés par le faisceau diffus des lampadaires dans l’atmosphère. Ne pouvant se reposer du fait de la continuité temporelle du « jour », les insectes meurent d’épuisement. Ils se retrouvent sinon brûlés avec l’exposition trop importante aux sources lumineuses et, surtout, sont la cible facile des prédateurs qui les voient tout de suite dans le halo. La reproduction est également impactée puisque les méthodes de séduction par signaux lumineux, dont les lucioles sont les célèbres représentantes, deviennent vaines, les signaux étant beaucoup plus faible en intensité par rapport aux candélabres.

Les prédateurs de ces insectes sont aussi touchés. Les écosystèmes sont ainsi séparées par des barrières lumineuses telles des frontières. La nourriture, souvent spécifique à un milieu et subissant des dommages comme nous l’avons vu plus tôt, se retrouve raréfiée et les prédateurs (grand-duc, chouette, chauves-souris,…) deviennent des espèces menacées eux-aussi. Les oiseaux migrateurs, quant à eux, sont perturbées au niveau sensoriel et visuel, perdant leur orientation – les reflets de lumière sur les immeubles en verre sont comme les étoiles ou la Lune et leurs reflets sur la mer par exemple – et leurs prédateurs peuvent ainsi (même les diurnes, qui se sont habitués à ces changements) les attaquent de manière aisée.

Pour les animaux aquatiques (tortues,…), cela n’es guère mieux. Les pont illuminés agissent comme des barrières physiques de migration, empêchant les anguilles de remonter les rivières pour continuer leur vie adulte. Les plages éclairées, quant à elles, attirent dans le mauvais sens les tortues qui se repèrent avec la luminosité issue normalement des étoiles et de la Lune (comme les oiseaux migrateurs du paragraphe précédent) mais ici biaisée par les spots, les lampadaires et les maisons.

Pour la flore, c’est surtout la germination qui est perturbée. Se développant trop rapidement les plantes deviennent fragiles et ne résistent plus en cas de perturbations. Il s’agit d’un point qui n’est pas véritablement défini, du fait du nombre important de facteurs pouvant entraîner cette accélération de la germination (pesticides et engrais, réchauffement climatique, etc.).

On remarque, par ces exemples, que l’impact est loin d’être négligeable et est tout aussi important que la pollution de type déchets. Malheureusement nous nous concentrons que sur cette dernière car elle est liée à des événements qui ont touché directement et fortement l’opinion public – la concentration sur un sujet est le propre de l’homme, j’ai l’impression – ceci est débat plutôt philosophique, qui sera un autre débat. De par ces accidents, ce qui nous préoccupe le plus est ce qui risque de nous impacter avec une grande importance, même si la probabilité qu’elle se passe demeure faible. Mais la photopollution est mise de côté car elle est tellement présente et semble n’avoir que peu de conséquences sur notre santé et celle de notre environnement.

Et l’être humain ?

Nous avons besoin de la nuit pour reposer notre corps, car le sommeil aide à la réparation de muscles aux fibres potentiellement rompues et à la décontraction des tissus et des organes. Tout cela grâce à la mélatonine, une hormone jouant le rôle de médicament. Néanmoins, avec la photopollution, le corps n’est plus soumis à un rythme jour/nuit efficace et diminue ainsi le taux de production de mélatonine (3).

Ce problème est particulièrement étudié, car les études épidémiologiques montrent que les enfants et les adolescents en particulier sont beaucoup plus fatigués qu’avant. D’où vient cette perturbation du sommeil ? A la grande exposition aux écrans (sources lumineuses !) jusqu’à très tard dans la nuit, donnant au corps un faux signal de « jour » et empêchant la préparation à un cycle de sommeil optimal. Ajoutez à cela des sources comme le radio-réveil à LED, les veilleuses, les écrans de téléphone ou d’ordinateur encore ouverts – qui entraîne une autre pollution,…

La photopollution empêche l’atmosphère de se régénérer, en favorisant la pollution atmosphérique, notamment avec la production d’ozone troposphérique. Cet ozone est issu de radicaux chimiques (molécules très instables, donc à durée de vie très limitée) qui réagissent instantanément et sont produits par la désintégration de polluants par de l’énergie – en grande majorité de la lumière, symbolisée par le terme ! Les alertes pollutions se multiplient ainsi dans les villes, en pensant qu’il ne s’agit que d’un problème de transports alors que c’est plus compliqué que cela (4).

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Cycle de Chapman de l’ozone troposphérique

Il semblerait que la pollution lumineuse amplifie les risques d’obésité et de cancer, mais les études ne sont pas assez nombreuses pour valider ces hypothèses. Etant donné que ces maladies sont sujettes à plusieurs facteurs, il peut y avoir des biais dans les résultats (5). Une autre étude montre que la photopollution favoriserait l’apparition du paludisme. Les campagnes de développement des zones pauvres avec l’arrivée de l’électricité changent les habitudes des habitants et la population reste dehors au moment où les moustiques sont les plus actifs (6).

Que faire alors ?

La solution la plus simple est de diminuer le temps d’utilisation des points lumineux. Ne plus éclairer entre 1h et 5h, comme à Ploemeur en Bretagne ou à Nice (6), permettrait de faire des économies substantielles et de réduire l’impact environnemental. Ce serait plus efficace que le changement d’heure que l’on nous impose, littéralement inutile avec les décorations de Noël installés à peine un mois après. Et il faudrait montrer l’absence d’influence de l’arrêt des lampadaires sur le taux de criminalité (7).

Une autre idée est de remplacer les vieux lampadaires du type sodium orange ou à vapeur de mercure, les luminaires globe des parcs et accès, qui illuminent très mal – comme vous pouvez le voir sur l’illustration suivante. Les perches de lumière confinée ont un cône de lumière efficace meilleur et un cône de diffusion restreint, n’éclairant pas les zones inutiles dans les environs (8).

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Différence entre les lampadaires à boule et les perches à ampoule verticale

 

 

Encore une idée et celle-ci est très originale. Pourquoi ne pas changer simplement de couleur d’éclairage ?!? Oui, çà peut être une solution. Passons du blanc à du rouge, en réglant la question énergétique, dans le sens purement physique du terme. Car le rouge a une fréquence peu énergétique par rapport aux autres couleurs ou le blanc qui représente presque tout le spectre de la lumière visible. Il faut un rayonnement assez fort en fréquence pour faire apparaître les radicaux nécessaires à la création de l’ozone troposphérique (9).

Nous sommes loin d’avoir régler le problème Pour instaurer les idées développées ci-dessus, il faut passer par la case législation. En 2008, une loi a été votée, dans le cadre du Grenelle I, et adoptée le 21 octobre de la même année par l’Assemblée Nationale. Une partie de l’article 36 explique ainsi :

« Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation. » (10)

Et pourtant aucun plan d’actions n’a été mis en place ou même proposé depuis ce temps. Il n’y a que des initiatives locales, qui ne peuvent empêcher la multiplication des sources lumineuses en France. Nous devrions prendre exemple sur nos voisins européens comme l’Italie, qui a légiféré dès 1997 en Vénétie puis dans toutes les régions transalpines, la Grande Bretagne ou encore la Slovénie. Cette dernière a réglementé les niveaux de luminosité des sources d’émission, interdit les lumières dirigées vers le ciel et s’est mis un objectif d’atteindre une consommation de 50 kWh/an/habitant – ce qui représente la moitié de ce que consomme un Français (11). En résumé, pas de plans d’avenir sur la photopollution, peu d’informations sur le sujet, insouciance et méconnaissance totale des pouvoirs publics et de la population. La fameuse COP 21 montre bien le désintérêt sur ce sujet, obnubilé par les émissions  La pollution lumineuse a encore de beaux jours devant elle, au même titre que la pollution sonore.  Espérons que cela change et que tout le monde prenne conscience de ce problème.  Merci de m’avoir lu !

(1) Alexandre Pihen, Pollution lumineuse : Il ne fait quasiment plus noir en France, Science & Vie n°1177, Octobre 2015, Science & Société, p. 50 ;

(2) Anne Orliac, Pollution lumineuse : Comment retrouver le noir de la nuit, Science & Vie n°1098, Mars 2009, Science & Vie d’aujourd’hui, pp. 76-83 ;

(3) www.notre-planete.info/environnement/pollution-lumineuse.php

(4) B.B., Pollution lumineuse : Elle empêche l’air de se purifier, Science & Vie n°1122, mars 2011, Actus Terre Focus, pp. 28-29 ;

(5) www.notre-planete.info/environnement/pollution-lumineuse.php

(6) Encarté : Elle favorise également le paludisme. B.B.Pollution lumineuse : Elle empêche l’air de se purifier, Science & Vie n°1122, mars 2011, Actus Terre Focus, pp. 28-29 ;

(7) http://www.nicematin.com/grasse/ces-maires-ont-decide-de-lutter-contre-la-pollution-lumineuse.2365421.html

(8) Anne OrliacPollution lumineuse : Comment retrouver le noir de la nuit, Science & Vie n°1098, Mars 2009, Science & Vie d’aujourd’hui, p. 83 ;

(9) B.B.Pollution lumineuse : Elle empêche l’air de se purifier, Science & Vie n°1122, mars 2011, Actus Terre Focus, pp. 28-29 ;

(10)  Devenue l’article 41 dans la loi n°2009-967 du 3 août 2009. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020949548

(11) Encarté : Plusieurs autres pays ont déjà légiféré. Anne OrliacPollution lumineuse : Comment retrouver le noir de la nuit, Science & Vie n°1098, Mars 2009, Science & Vie d’aujourd’hui, pp. 76-83 ;

Un livre, un commentaire : « Nobel » alternatif – 13 portraits de lauréats, de Geseko Von Lüpke et Peter Erlenwein

29 juil

Bonjour à tous !

Quelques livres m’ont occupé les dernières soirées, de la science-fiction aux ouvrages de peinture. Entre temps je suis tombé sur un livre acheté dans mon magasin préféré, « Nobel » alternatif.

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« Nobel alternatif » – 13 portraits de lauréats, de Geseko Von Lupke et Peter Erlenwein (Editions de la Plage)

De quoi et de qui parle ce livre ? Il explique, de par des interviews et des thèses, des alternatives développées par 13 personnalités, en majorité méconnues, dans les domaines de l’écologie, l’économie, les sciences sociales et le social. Des alternatives à notre société consumériste et polluante actuelle. Ces 13 acteurs sont ainsi mis en lumière par Von Lüpke et Erlenwein et voici leurs noms et brèves descriptions de leurs actes :

  • Jakob von Uexhüll, le fondateur du Right Livelihood Award, qui récompense les 12 autres personnes citées ci-après ;
  • Hans-Peter Dürr, mort en 2014, physicien qui combattit le programme Guerre des Etoiles du président américain Ronald Reagan et qui prônait une révolution de la pensée mondiale ;
  • Johan Galtung, sociologue et fondateur du réseau Transcend, cherchant à développer une société sans violence, par la philosophie des règlements de conflits préventifs ;
  • Manfred Max-Neef, pour qui l’économie est à plusieurs échelles, l’économie de base dite « des pieds nus » qui est aux antipodes de celle mondialisée et libéral de nos jours ;
  • Vandana Shiva, physicienne quantique, militant contre la commercialisation du vivant et de la perdition des savoirs ancestraux ;
  • Pat Mooney, qui prône une agriculture diversifiée et respectant l’environnement tout en combattant les nanotechnologies et les OGM ;
  • Helena Norberg-Hodge, liant développement durable et conservation des cultures et identités locales ;
  • Wangari Maathai, décédée en 2011, replanta des arbres au Kenya d’abord puis dans toute l’Afrique, malgré les pressions politiques. Elle fut d’ailleurs la seule à avoir eu à la fois le prix « Nobel » alternatif en 1984 et le prix Nobel de la Paix 20 ans après ;
  • Dipal Barua, l’énergie solaire à crédit est synonyme de développement économique ;
  • Ibrahim Abouleish, développe une agriculture biodynamique et rentable, permettant d’aider les petits producteurs et la population locale ;
  • Michael Succow, créant des réserves naturelles, les zapovedniki, dans des pays où l’écologie n’est pas de mise, notamment les pays de l’URSS ;
  • Tapio Mattlar lutte contre la désertification des campagnes en Finlande, due à la mondialisation ;
  • Nicanor Perlas, qui propose une alternative idéologique de lien social et environnemental entre l’Etat, l’économie et la culture ;
  • Amy Goodman donne la parole aux altermondialistes et aux militants, boudés par les principaux médias, par l’intermédiaire de l’émission radiophonique Democracy Now ! ;

Les personnalités ont des idées assez transverses et complémentaires, avec le développement durable en guise de ligne rouge. Du journalisme au militantisme, en passant par l’économie, ces biographies et entretiens permettent à ces personnalités de développer leurs idées et démontrer, par leurs projets et expériences, la faisabilité et l’application possible de leurs thèses.

De nombreuses idées sont simples ou plutôt instinctives, comme le respect de l’environnement ou des cultures. D’autres sont plus sujettes à débat comme la non-commercialisation du vivant ou les nanotechnologies, où les Etats se confrontent en deux camps, sans consensus. Avec les populations bien loin de ces préoccupations mais dont les applications peuvent pourtant toucher la vie quotidienne, tels les OGM.

Right Livelihood Award
Album : Right Livelihood Award
Le fondateur du Prix et les lauréats décrits dans le livre
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Commentaire : J’ai beaucoup apprécié ce livre, car de nombreuses personnalités ont pu dévoiler leurs actions qui sont malheureusement peu valorisées aux yeux du public. Je connaissais seulement une seule d’entre elles, Wangari Maathai, et encore, très mal. Ces personnes contribuent, de par leurs actes, à la remise en question d notre société actuelle, afin qu’elle devienne plus responsable, plus respectueuse de son environnement mais aussi d l’humain et de ses diversités culturelles et identitaires.

J’ai plus de doutes en ce qui concerne les nanotechnologies. Du fait d’être féru d’avancées en matière de technologie, je suis pour le développement des innovations au niveau nanométrique. Mais je ne tombe pas non plus dans le transhumanisme, je sais qu’une technologie a ses bons et mauvais côtés, tout dépend de la finalité que l’on veut. Bref, ne soyons pas un apôtre de la nanotechnologie à tout prix ou un anti nano qui refuse toute avancée dans ce domaine. Soyons juste réaliste et pragmatique. Un autre sujet me dérange un peu : celui de l’énergie solaire ; l’objectif en lui-même est très louable, cela n’est pas mon problème et je le soutiens parfaitement mais c’est sur le devenir de ces installations qui me chiffonne, que deviendront-elles après le temps d’utilisation ? Comme très souvent, l’après-projet n’est jamais planifié et le recyclage ne semble pas être à l’ordre du jour malheureusement. Mais peut être le sera-t-il prochainement, je l’espère en tout cas.

Deux personnalités m’ont donné envie de faire un projet dans ces domaines : Vandana Shiva et Ibrahim Abouleish.

Vandana Shiva, qui lutte pour la protection des savoirs et le développement durable, est une combattante et qui n’hésita pas à attaquer, à la cour de justice européenne, une entreprise qui s’était accaparé à son profit un savoir datant de plusieurs millénaires pour les applications médicales du neem. Dix ans de lutte pour éviter aux populations locales d’Inde de payer pour un brevet alors que ce sont eux qui sont à l’origine des applications de ce produit. Toutefois de nombreux brevets concernent ce genre d’applications et la force commerciale et judiciaire des multinationales obligent les politiciens à accepter.

Ibrahim Abouleish est celui qui m’a convaincu totalement. Un véritable de transversalité des applications avec comme but final l’éducation. Si je devais exposer un projet de type écologique, je prendrais comme exemple les travaux qui ont permis d’édifier les bases d’une société responsable, du social à l’écologie en passant par l’économie. J’aimerais savoir ce qu’il est advenu de ce projet, puisque l’Egypte fut secouée ces dernières années par des crises politiques majeures et le livre date de 2008, je vais me renseigner après. Dans le cas où le projet continue, j’aimerais voir les applications de recyclage possibles,  qui seraient complémentaires aux idées prônées par le pharmacien égyptien germanophone. L’article dédié montre aussi l’absurdité de notre société en Europe, qui recherche des innovations sociétales développées dans d’autres pays, qui se sont inspirés eux-mêmes… de nos idées philosophiques, notamment celles de Goethe.

En résumé, un livre très intéressant, aux projets et expériences innovantes et méritant d’être plus connues. A lire immédiatement et à partager.

Je ne finirai pas sur mon habituel « Merci de m’avoir lu ! » mais sur une citation de Jakob Von Uexhüll : « Il existe un bien trop grand nombre de solutions pour être pessimiste et bien trop de problèmes pour être optimiste. ».

Les forêts, poumons et « ventilateur » de la Terre

19 avr

Bonjour à tous !

Nous sommes conscients de l’importance des forêts dans notre écosystème, comme l’indique le terme de « poumons verts » que nous avons l’habitude de leur donner. Mais elles ont aussi une influence sur le climat, ce que l’on soupçonnait mais dont des chercheurs américains ont pu simuler les effets.

Une hypothèse, développée par des chercheurs de Princeton (Etats-Unis), indique que la réduction de la superficie de la forêt amazonienne entraînerait un sécheresse à 8000 km de là, en Californie. Avec un modèle climatique informatique simulant les phénomènes météorologiques mondiaux et les impacts environnementaux de l’Homme, l’équipe américaine a établi que la déforestation en Amazonie fait baisser la pluviométrie dans le sud des Etats-Unis et notamment la Californie, sujette à la pire sécheresse de son histoire. Plus de neige dans la Sierra Nevada, donc plus de pluie dans les états voisins et plus assez d’eau pour alimenter les cours d’eau comme le fameux Colorado, qui est également soumise à un intensive pour les mégafermes alentours et les mégalopoles telles San Francisco ou Los Angeles.

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La déforestation en Amazonie (Crédit photo Povo Indigena Paiter Surui)…

L’Homme, avec son idée de l’économie à court terme, continue de surexploiter les ressources de la planète, en particulier le bois pour se chauffer ou le revendre aux pays dits riches qui raffolent du bois exotique. Dans le cas du Brésil, l’exportation massive de bois tropicaux fait rentrer dans les caisses de l’état brésilien de confortables revenus, entretenus aussi par l’agriculture et l’élevage intensifs, dont les surfaces ne font que s’agrandir avec… la déforestation ! Ceci montre pourquoi il y a une absence de volonté de la part des autorités locales pour l’environnement, tout comme l’absence d’objectifs déclarés pour lutter contre le réchauffement climatique alors que la conférence de Paris se rapproche à grands pas. Ainsi, on continue à déboiser sans penser aux conséquences générales, quand la forêt amazonienne a perdu dans le même temps près du cinquième de sa superficie initiale. Dans le titre, le terme ventilateur est posé car il est explicite et met en lumière un autre terme beaucoup plus méconnu : l’évapotranspiration.

Qu’est-ce que l’évapotranspiration ?

Derrière ce nom commun inconnu du grand public, se cache un phénomène à l’influence mondiale. Du fait de la chaleur tropicale, l’eau pompée très profondémment par les arbres est en partie évacuée par la transpiration de ceux-ci – allant jusqu’à 1 tonne d’eau par jour émis. Cette eau vaporisée se retrouve ainsi dans l’atmosphère et est transportée par les courants d’air (jet streams) sur des milliers de kilomètres.

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…entraîne une diminution de la pluviométrie aux Etats-Unis (Crédit photo French China)

Malheureusement, du fait de la déforestation, l’apport d’eau qui aurait été vaporisée est très diminuée, une grande partie n’est plus transportée par les courants atmosphériques et provoquent un déficit pluviométrique dans les endroits où normalement la « vapeur’ se précipite, soit en neige dans la Sierra Nevada, soit en pluie dans la majeure partie du sud des Etats-Unis.

Ce problème environnemental montre bien l’impact d’un événement « local » – la déforestation en Amazonie – sur un endroit très éloigné – la Californie. Ce n’est pas le seul, nous pourrions citer aussi la pollution en Asie qui alimente les dépressions dans l’océan Pacifique (la suie et les particules fines qui condensent l’eau de l’atmosphère) ou encore la réduction des aérosols en Europe qui modifie le déplacement des pluies, reverdissant un peu le Sahel. Ceci indique notre influence et notre impact sur le climat, que contestent encore de nombreuses personnes, et que nous devons tout faire pour les réduire afin de minimiser les conséquences futures de nos actions. En d’autres termes : valorisation et recyclage des déchets, diminution de l’utilisation des ressources, émissions moindres et une politique osée en matière d’environnement aux niveaux mondial, national et local.

Pour plus d’informations, je vous conseille de lire l’article dédié aux effets surprenants de l’Homme sur le climat « Quel Chaos !« , écrit par Yves Sciama, dans le magazineScience & Vie du mois d’avril, pp 78-85, chapitre Science & Découvertes, Climatologie.

Merci de m’avoir lu !

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